Replay du vendredi 30 octobre 2020

"Il ne faut pas céder à la paranoïa en ce qui concerne le confinement", Philippe Gasser psychiatre à Uzès

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Après l'attentat de Samuel Paty, il y a 15 jours, l'attentat à Nice qui a fait trois morts dans la basilique Notre Dame et le confinement mis en place dès ce vendredi, il est difficile de tenir le coup psychologiquement. Philippe Gasser médecin psychiatre à Uzès revient sur cette période compliquée.

Le docteur Philippe Gasser médecin psychiatre et ancien chef de service à l'hôpital du Mas Careiron d'Uzès
Le docteur Philippe Gasser médecin psychiatre et ancien chef de service à l'hôpital du Mas Careiron d'Uzès © Radio France - Mélodie Viallet

La période actuelle est difficile à vivre psychologiquement entre la situation sanitaire auquelle s'ajoute le confinement à partir de ce vendredi et les attentats avec ce jeudi 29 octobre l'attaque au couteau dans la cathédrale Notre Dame de Nice. Philippe Gasser, psychiatre à Uzès reconnait que la période est difficile : "Il y a beaucoup de malheurs et de difficultés qui s'abbatent sur la population en France en ce moment mais il ne faut pas céder à la paranoïa ni au dénit en ce qui concerne le confinement. Tout le monde s'y attendait, le redoutait. On y est maintenant, reste à savoir comment on va s'adapter."

Maintenir le lien social

Le confinement vécu pour une deuxième fois a forcement des conséquences psychologiquement selon lui : "C'est toujours difficile à accepter parce que c'est une restriction des libertés, c'est une restriction de la possilité de bouger et de rencontrer les autres et les siens. Tout tunnel a une sortie, on rentre dans le tunnel du confinement, on ne sait pas combien de temps et quelle longueur va avoir ce tunnel mais ce qu'il faut être sûr c'est qu'il y aura une sortie." Les effets que l'on a connu au printemps lors du premier confinement peuvent refaire surface comme le stress, la peur du lendemain. Heureusement cette fois-ci les écoles restent ouvertes, les visites en ehpad sont possibles, ce qui permet de maintenir le lien social.

Ce qui est difficile reconnait Philippe Gasser, psychiatre à Uzès c'est que ce second confinement survient lors d'une période déjà difficile habituellement : "L'automne et l'entrée de l'hiver sont des périodes psychologiquement difficiles avec la diminution de la luminosité, la restriction horaire, le changement d'heure, la Toussaint avec le souvenir des disparus qui vient hanter les esprits. Psychologiquement ce n'est pas la période la plus facile et naturellement le confinement fragilise encore plus l'angoisse que les gens peuvent connaître à ce moment là." Alors pour tenir le coup, Philippe Gasser livre quelques conseils : "Ce qui est important c'est de maintenir le lien social, il va être maintenu grâce aux écoles, le lieu de travail pour certains mais c'est aussi maintenir le contact par téléphone ou télévisiualisation avec ses proches, ses amis. Cela peut être une période propice pour se recentrer sur soi en développant des activités créatrives. C'est s'inventer une autre vie."