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notre invité ce matin est Jean-François Karnycheff, médecin psychiatre, chef du pole adulte au centre hospitalier spécialisé de l'Yonne
notre invité ce matin est Jean-François Karnycheff, médecin psychiatre, chef du pole adulte au centre hospitalier spécialisé de l'Yonne © Maxppp - .

Jean-François Karnycheff, médecin psychiatre, chef du pole adulte au centre hospitalier spécialisé de l'Yonne

Diffusion du lundi 23 mars 2020 Durée : 9min

Nous sommes au 7ème jour de confinement.Le Conseil Scientifique sur le COVID-19 doit rendre son avis ce lundi sur une possible prolongation. Nous parlons des effets de ces mesures sur notre moral, notre stress avec Jean-François Karnycheff, médecin psychiatre, chef du pole adulte au CHS de l'Yonne.

Cela fait désormais une semaine que nous devons suivre les mesures de confinement. Elles nous empêchent de voir des proches, des amis. Elles nous privent de contacts physiques. Elles nous emprisonnent, nous enferment et bousculent nos habitudes. Face à l’angoisse générée par ces mesures de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, notre invité ce matin est Jean-François Karnycheff, médecin psychiatre, chef du pole adulte au centre hospitalier spécialisé de l'Yonne. Il va nous donner des pistes pour mieux vivre cette situation inédite

Quelles peuvent être les conséquences psychologiques de cette période de confinement ? Comment se traduisent-t-elles ?

Les conséquences d'un confinement prolongé, tel que l'on a ici, nous n'avons pas d'idée sur la question. Cependant, je donnerai l'image de ce qu'il peut se passer lorsque l'on est confiné avec des enfants, que l'on part en vacances en voiture, et que l'on se retrouve tous coincés dans cette voiture pendant quelques heures. C'est la même chose sur une durée plus longue mais les principes restent les mêmes. 

Quels conseils pouvez-vous nous donner pour mieux surmonter cette période de confinement? Pour gérer au mieux son anxiété ? Que ce soit chez les enfants ou chez les adultes ?

Le confinement c'est exactement l'opposé de ce que l'on peut faire au quotidien dans le travail psychiatrique et psychologique. C'est à dire entretenir le lien entre les personnes et favoriser la communication inter-humaine. Actuellement on est amené à rester un peu plus seul et on a besoin des contacts entre nous. J'en veux pour preuve les messages qui passent entre certains médias comme celui qui consiste à dire qu'il faut rester ensemble lorsque nous sommes séparés. Voilà un peu l'un des principes généraux pour lutter contre le confinement.

On a entendu le témoignage d'une dame qui a l'habitude de sortir, d'aller au restaurant. Là elle reste chez elle, devant la télé. Le confinement c'est toujours plus difficile à gérer dans la durée celà peut générer des angoisse ? du stress ? 

Oui, surtout que la télé, les médias, c'est très important, il faut bien s'informer mais il ne faut pas non plus être dans une quête perpétuelle d'informations sur toute la journée parce que ça génère forcément du stress. Ça fait monter, en quelques sortes, la pression. C'est un peu comme quand quelqu'un pense avoir de la fièvre et va contrôler sa température toutes les heures.Ca n'a pas de sens et ça ne fait qu'aggraver la situation de stress. Donc il faut s'informer c'est important mais il faut aussi déconnecter un petit peu de cette ambiance générale de stress générée par cette information.

Certains, par exemple, établissent un emploi du temps, quelque chose d'assez structuré est-ce que ça peut aider ?  

Oui bien sûr ! L'emploi du temps, l'activité physique c'est très important. Il faut à la fois s'occuper l'esprit et le corps. Plus le temps est structuré plus on arrive à se projeter vers l'avenir. C'est occuper le présent pour mieux préparer l'avenir. C'est important de penser aussi à l'après confinement même si aujourd'hui on a du mal à trouver une date précise. Nous sommes dans l'attente des nouvelles consignes.