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La grève des urgences de l'hôpital Pasteur 2 de Nice a démarré le 17 juillet 2019. Urgentistes devant l'entrée de l'hôpital avec drapeaux et une banderole "Donnez nous les moyens d'être humain!".
La grève des urgences de l'hôpital Pasteur 2 de Nice a démarré le 17 juillet 2019. Urgentistes devant l'entrée de l'hôpital avec drapeaux et une banderole "Donnez nous les moyens d'être humain!". © Radio France - Pauline Renoir

Le directeur du CHU de Nice annonce l'embauche de nouveaux infirmiers pour calmer la colère sociale

Diffusion du jeudi 13 février 2020 Durée : 8min

Pour la première fois depuis le début du conflit social, le directeur général du CHU de Nice sort de sa réserve et accorde une interview à France Bleu Azur. Il annonce l'embauche de nouveaux soignants pour résoudre la crise qui s'éternise.

Cela fait sept mois désormais que des mouvements sociaux touchent le CHU de Nice, dans un contexte de mouvement national de grève dans les hôpitaux. Depuis la mi-juillet, le personnel fait part des conditions de travail qui se dégradent, du manque de postes et de moyens, et de salaires trop bas dans le public. Plusieurs services ont été touchés, avant que la contestation ne se fonde en décembre dernier dans celle contre la réforme des retraites. Avant une nouvelle journée de mobilisation demain, le directeur général Charles Guepratte répond à la colère et sort pour la première fois de sa réserve. 

"Il faut sans doute du personnel, je ne vais pas nier qu'il y a des problèmes au sein de l’hôpital public. Nous allons titulariser des agents" Charles Guepratte 

Le directeur général qui annonce de nouvelles embauches. Et qui promet des mesures concrètes dans les prochains mois. 

Sur la baisse des lits au sein de l’hôpital public 

Charles Guepratte explique sur la baisse du nombre de lits que l’hôpital public évolue, vers une chirurgie ambulatoire dans l’intérêt des patients. 

"Ce dont on a besoin c'est de prendre en charge des patients. Les patients ne comprendraient pas qu'on les garde dans un lit d’hôpital trois jours quand on peut les prendre le matin et les libérer le soir" 

Et les patients que pensent-ils de l’hôpital public ? 

Les patients que nous avons rencontrés ont un a priori positif du CHU, que ce soit de la qualité des soins, de la compétence du personnel, jugé agréable. Mais beaucoup sont mécontents des délais avant d'avoir un rendez vous, et des longs temps d'attente sur place, que ce soit aux urgences ou en rendez-vous. Le CHU de Nice parait sous dimensionné. CHU de Nice : 7 000 employés, 1 600 lits, en comparaison avec le CHU de Bordeaux, agglo de taille comparable mais moins touristique : 14 000 employés, plus de 3 000 lits). Le directeur général se défend : "C'est satisfaisant d’être treizième quand on est seizième en terme de taille" 

Nouvelle journée d'action ce vendredi 

Ce vendredi, les professions de santé retournent dans la rue à l'appel de nombreuses associations, collectifs et syndicats, avec comme mot d'ordre la défense de l'hôpital public.

Les grandes dates du conflit social au CHU de Nice

  • 8 mai : un médecin du SAMU est agressé aux urgences de Pasteur, la direction porte plainte. Les soignants dénoncent des agressions, verbales ou physiques, quotidiennes.  
  • 17 juillet : les urgences de Nice entrent en grève illimitée pour réclamer davantage de moyens (postes, matériel, lits) et une présence policière permanente pour mettre un terme aux violences envers le personnel. Il dénonce les arrêts maladie non remplacés. La direction promet 19 postes et du matériel neuf. Les promesses seront dans l'ensemble tenues, notamment grâce aux moyens débloqués au niveau national, notamment une prime de risque de 118 euros pour les urgentistes. Cette prime de risque annoncée par Agnès Buzyn pour les urgentistes ne satisfait pas le personnel qui réclame une augmentation de salaire, pas une prime.  La prime sera finalement élargie à tous les salariés qui travaillent au moins 50% du temps aux urgences. 
  • 5 août : une aide-soignante des urgences est agressée par un patient, alors qu'elle revenait de 9 mois d'arrêt maladie pour une première agression. Il lui donne un coup de poing au visage. Il sera condamné à 5 mois fermes. 
  • 24 octobre : Diffusion Complément d'enquête "Danger à l’hôpital : quand les médecins balancent". La journaliste qui a mené l'enquête se dit "atterrée par la situation" à Nice, et pointe notamment l'état de délabrement du service de réanimation de l'Archet. La direction dément toute mise en danger des patients.
  • 26 octobre : agression d'un jeune interne aux urgences du CHU, un patient violent tente de l'étrangler. Le bureau des internes publie un communiqué pour dénoncer le manque de réaction et de soutien de la direction du CHU 
  • 14 novembre : Première manifestation à Nice de toutes les professions médicales à l'appel du collectif national Inter-Urgences et de 14 syndicats. Selon la CGT, il manque 260 soignants pour que le CHU fonctionne normalement.  
  • 10 décembre : les internes du CHU entrent en grève illimitée à l'appel de leur intersyndicale pour réclamer davantage de moyens pour les hôpitaux publics et protester contre une réforme du gouvernement de leur cycle d'étude  Courant décembre : les mouvements de grève des différents services (illimités ou ponctuels) sont fondus dans la contestation globale contre la réforme des retraites.
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