Replay du jeudi 15 octobre 2020

"Les soignants sont épuisés", dit la secrétaire CGT Santé en Creuse en cette journée de grève des hospitaliers

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Les personnels hospitaliers et médico-social sont appelés à manifester ce jeudi 15 octobre partout en France. Ils réclament plus de moyens, de lits et une hausse des salaires. Nathalie Teste, secrétaire de la CGT Santé en Creuse, affirme que "le compte n'y est pas" dans les annonces du gouvernement.

Nathalie Teste secrétaire de la CGT Santé en Creuse
Nathalie Teste secrétaire de la CGT Santé en Creuse © Radio France - France Bleu Creuse

Ce jeudi 15 octobre, nouvelle journée de mobilisation et de grève nationale pour les personnels hospitaliers et du monde médico-social. En Creuse, les soignants sont appelés à se réunir à 13H30 devant le CH La Valette, à Saint-Vaury. Dans le viseur des hospitaliers, le Ségur de la Santé. Un plan du gouvernement annoncé pendant l'épidémie de coronavirus pour revaloriser les salaires et créer 15.000 postes. Mais "le compte n'y est pas" pour Nathalie Teste, secrétaire de la CGT Santé en Creuse, invitée de France Bleu Creuse ce jeudi 15 octobre.

300.000 postes manquants dans les hôpitaux et Ehpad français

"Le compte n'y est pas parce qu'on n'a pas été entendus, souligne la représentante CGT santé en Creuse._On a revendiqué une hausse de salaire de 300 euros mensuels pour être dans la moyenne européenne. On nous propose 183 euros_, c'est loin du compte : on a besoin de bras, de reconnaissance. On nous donne un petit peu mais en retour, on nous dégrade nos conditions".

Un manque de soignants que les soignants ont chiffré : selon les estimations des syndicats, il faudrait "100.000 personnels de plus dans les hôpitaux, 200.000 dans les Ehpad pour prendre en charge correctement patients et soignants", précise Nathalie Teste.

L'infirmière, qui travaille à l'hôpital de Guéret, souligne par ailleurs "un gros problème de recrutement : il va falloir que le gouvernement prenne le problème à bras le corps. Les salariés du social, du médical s'en vont : environ 40 % d'infirmiers envisagent de changer de boulot". C'est ce qu'a révélé une enquête de l'Ordre des infirmiers menée auprès de 60.000 personnes, et publiée en début de semaine dans le journal Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Beaucoup de soignants songent à changer de métier

"beaucoup d'appels pour demander comment faire, démissionner, prendre des dispos... beaucoup de bilans de compétences parce qu'ils veulent changer de métier. Des gens qui sont en reconversion professionnelle 

"Cet épuisement : l'hôpital a tenu grâce au bénévolat, avec des personnels qui sont revenus, des étudiants... Il y a quand même une angoisse d'une deuxième vague : j'ai pas envie de ramener le Covid à mes enfants. Il n'y a pas que les moyens matériels. Si une deuxième vague se produit, les gens sont épuisés. Les promesses d'heures supplémentaires, rien n'a été fait : je ne pense pas que les gens courent après les primes, on veut vraiment une vraie reconnaissance  

"On n'est pas des chasseurs de prime" 

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