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Le potager du paresseux
Le potager du paresseux © Radio France - Le potager du paresseux

Le Potager du Paresseux ou comment jardiner en s'aidant de la nature

Diffusion du jeudi 14 mars 2019 Durée : 4min

L'association La Drôme des Jardins organise ce samedi au lycée agricole Le Valentin à Bourg-lès-Valence, une conférence débat avec Didier Helmstetter auteur du livre "Le Potager du Paresseux".

Didier Helmstetter a créer son "potager du paresseux" comme il l'appelle, car le but est de minimiser le plus possible ses efforts physiques, tout en cultivant des légumes de façon naturelle sans produits chimiques, pour produire une nourriture saine.

De création relativement récente (quelques années), ce potager se trouve sur un terrain d'environ 500 m2 en légère pente. Toute la surface n'est pas cultivée, laissant de larges passages enherbés avec du trèfle blanc qui a été semé exprès.

 Deux particularités: d'une part le sol de ce potager n'est jamais travaillé et d'autre part il est recouvert toute l'année d'une épaisse couche de foin.

À l'origine c'était une prairie et Didier a procédé de manière très simple pour créer ses planches de culture : il tond à ras un bout de prairie puis il le recouvre de 20 cm de foin. Quelques mois plus tard, l'herbe de la prairie s'est décomposée sous le foin et Didier va pouvoir mettre en place des cultures de légumes.

Et tout cela sans jamais retourner la terre.

 

La technique du foin

Chaque année en fin d'automne, pendant la seconde quinzaine de novembre, Didier place une couche de 20 cm de foin bien tassé sur la terre de chacune de ses planches de culture.

Pour cela, il utilise une balle de foin venant d'un agriculteur voisin.

Pourquoi du foin et pas de la paille, des tontes de pelouse ou bien du BRF ? Parce que le foin a une composition équilibrée et qu'il représente le meilleur compromis en tant que paillis nutritif pour améliorer le sol. La paille est trop riche en cellulose et les tontes sont trop riches en azote.

Et en plus la paille a pu être traitée avec différents produits chimiques, en particulier des fongicides, alors que Didier cherche justement à favoriser les champignons microscopiques pour garder son sol vivant.

Au printemps, Didier va installer des plants de légumes en creusant des trous à travers le foin, dans le sol qui commence déjà à s'ameublir. Il pourra aussi faire des semis dans des sillons qu'il formera en découpant le foin grâce à un outil de son invention.

Le foin va être absorbé par le sol petit à petit jusqu'à la fin du mois d'août, et Didier va recharger si besoin en remettant une fine couche de foin avant les cultures d'automne.

Didier explique que le foin étalé en couche épaisse va produire 4 effets bénéfiques pour le sol :

1er effet : un effet "bâche plastique noire" qui va empêcher les graines de mauvaises herbes annuelles de germer par manque de lumière. Et les herbes déjà présentes vont dépérir, toujours par manque de luminosité.

Avantage pour le jardinier paresseux : plus besoin de passer la binette pour désherber entre les légumes.

2ème effet : un effet nourrissant pour les vers de terre, ces grands travailleurs de l'ombre qui décompactent le sol et améliorent sa structure. Ils vont se multiplier et travailler encore plus. De même pour les bactéries et les champignons microscopiques qui font la qualité d'un sol vivant.

Avantage pour le jardinier qui veut épargner ses forces : plus besoin de bêcher son sol pour le décompacter.

3ème effet : un effet fertilisant pour la terre. En se décomposant, le foin (qui est rappelons-le un aliment complet pour les vaches par exemple) va apporter à la terre et donc aux légumes tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour se développer.

Avantage pour le jardinier qui veut gagner du temps : plus besoin d'apporter de l'engrais, du fumier, ni même du compost.

4ème effet : un effet protecteur pour le sol. Abrité des rayons du soleil, l'eau ne peut s'en évaporer et les crevasses ne se forment plus dans les terres argileuses. Protégée de la pluie battante, la terre ne se tasse plus et reste préservée du froid, les légumes gagnant un sursis sur les gelées.

Rendez-vous samedi à la salle de conférence du bâtiment F, Lycée Agricole le Valentin, route de Lyon à Bourg lès Valence !

Le matin, Didier Helmstetter présentera un modèle de jardinage, réduisant au maximum les efforts physiques tout en optimisant les résultats obtenus : quantité, qualité et respect de l'environnement.

L'après-midi, il répondra à toutes les questions pour la mise en œuvre de sa théorie.