Replay du vendredi 28 mai 2021

Décalage des soldes : "les commerçants n'attendaient que ça !", se réjouit Claire Delande, de la CCI du Loiret

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Dix jours après la réouverture des commerces, et au lendemain de l'annonce du décalage des soldes d'une semaine, Claire Delande, vice-présidente de la Chambre de commerce et de l'industrie du Loiret, était l'invitée de France Bleu Orléans ce vendredi matin.

Claire Delande, vice-présidente de la Chambre de commerce et de l'industrie du Loiret
Claire Delande, vice-présidente de la Chambre de commerce et de l'industrie du Loiret © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

"Ça coûte quand même beaucoup plus cher d'ouvrir le dimanche", tempère ce vendredi matin Claire Delande, après l'arrêté préfectoral qui permet l'ouverture dominicale dans le Loiret jusqu'à la fin juin. La vice-présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie, invitée de France Bleu Orléans,  se félicite par contre du décalage des soldes d'été : ceux-ci commenceront une semaine plus tard que prévu. 

Les soldes sont donc décalés d'une semaine. Ils débuteront le 30 juin a annoncé le gouvernement. C'est une bonne nouvelle, attendue forcément par les commerçants ?

Effectivement, les commerçants n'attendaient que ça, déjà d'avoir une date pour pouvoir s'organiser, et surtout, pas aussi tardivement que l'année dernière, qui a perturbé beaucoup les habitudes des consommateurs et a fait jaillir de nouvelles ventes privées qui déstabilisent un peu nos consommateurs. Les commerçants sont très heureux puisque dès la réouverture, les clients sont là. La consommation est là, donc c'était c'était logique.

Ces soldes, c'est aussi l'occasion de réduire un peu les stocks. On sait qu'ils sont importants en ce moment ?

Oui, et puis, vous l'avez vu, à mon avis,  déjà, certaines enseignes commencent des petites promotions et font venir le client parce qu'on a eu cette véritable peur que le client ne revienne pas ou qu'il ait fait ses achats autrement. Mais voilà, ça reprend et les soldes sont évidemment très, très attendus pour tout le monde.

On est désormais dix jours après la réouverture des commerces. Quels sont les retours que vous avez ?

Il y a quand même beaucoup de positif du côté des commerçants. Les consommateurs sont là et on espère que, justement, les soldes redonnent une impulsion complémentaire. Après, les restaurants et les bars sont qu'à demi-jauge, c'est encore une activité partielle, donc, on attend maintenant le 9 juin pour la reprise à l'intérieur des restaurants. Et puis, il y a toujours quand même des secteurs qui sont très fragilisés, on a vu la métallurgie, l'imprimerie, la cosmétique et surtout aussi l'événementiel, qui peut penser à une reprise normale début d'année 2022.

Donc, c'est pas pour tout de suite. Autre secteur qui a aussi beaucoup de mal, c'est le BTP, à cause une forte hausse des prix des matières premières.

Oui, le BTP a du travail. Les carnets de commandes sont là, mais les prix des matières premières, on l'a entendu au niveau national, commencent un peu à augmenter. C'est les conséquences de la crise à long terme. Il y a certains pays qui ont repris leur activité, d'autres dont les industries sont en arrêt, donc les matières premières se font rares.  

La préfecture du Loiret vient d'autoriser l'ouverture des magasins des commerces le dimanche jusqu'à fin juin sur tout le département. Ce jour supplémentaire est nécessaire pour vous ?

Après c'est en demi teinte. C'est sûrement nécessaire, mais si on prend un commerce qui ouvre déjà du lundi au samedi, ouvrir du lundi au dimanche, ça veut dire réaménager toutes les équipes, et financièrement, après avoir passé un peu ce stade de crise,  ça coûte quand même beaucoup plus cher à une entreprise d'ouvrir le dimanche, en espérant que, malgré tout, les clients soient là. Ca laisse l'opportunité à celui qui a envie d'ouvrir, d'ouvrir tout de même. 

Vous êtes donc la patronne de la mercerie Caréfil, à Olivet. Vous allez ouvrir le dimanche ?

Non. Parce que nous, on ouvre déjà du lundi au samedi, les équipes sont déjà là. Si je devais ouvrir le dimanche, il faudrait que je recrute parce qu''il faut quand même que nos collaborateurs aient deux jours de repos dans la semaine. À un moment donné, il faut aussi penser à eux, et puis, je pense quand même qu'être ouvert du lundi au samedi avec des plages horaires très larges, entre midi et deux, cela permet aux consommateurs de venir consommer quand ils le souhaitent.

Avec la bonne reprise pour la plupart des commerces, la conséquence, c'est une baisse progressive prévue des aides pour nos entreprises : indemnisation de 40% du chiffre d'affaires en juin, 30 en juillet, 20 en août. Cela ne va pas trop vite ?

Cela dépend encore dans quels secteurs on se situe. Parce que quand même, depuis plus d'un an et demi, l'État fait énormément d'efforts et dans une crise économique inédite. Il y a quand même beaucoup de plans de soutien aux entreprises. Maintenant, c'est sûr qu'il ne va pas falloir un arrêt brutal et c'est ce que je pense que le gouvernement va faire, mais c'est surtout qu'il va falloir que les mesures soient adaptées et mesurées au regard des secteurs d'activité et de l'activité réelle des secteurs.