Replay du jeudi 25 février 2021

"C'est une satisfaction de pouvoir enfin vacciner dans nos cabinets" pour Corinne Le Sauder, médecin à Olivet

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A partir de ce jeudi, les médecins peuvent vacciner leurs patients contre le Covid. Mais sous certaines conditions. On fait le point avec Corinne Le Sauder, médecin généraliste à Olivet et présidente de la Fédération des Médecins de France.

Consultation dans un cabinet - Photo d'illustration
Consultation dans un cabinet - Photo d'illustration © Maxppp - Jacques Brevilliers

- Depuis longtemps, les médecins généralistes réclamaient d'être associés à la campagne de vaccination. Sur ce point là, c'est une première satisfaction ? 

Bien sûr, c'est une satisfaction de pouvoir vacciner dans nos cabinets. C'est vrai que nos médecins vaccinent déjà dans les centres de vaccination depuis début janvier. Là, on est au cœur de notre travail, dans nos cabinets et avec nos patients qu'on connait bien. Là, on commence avec l'AstraZénéca et avec les personnes de 50 à 64 ans qui ont une comorbité. Ce sont les gens qui sont à 100% ( à la Sécurité Sociale) ou ceux qui sont en surpoids avec un IMC supérieur à 30. 

Parlons de l'organisation. Pour l'instant, les médecins ne disposent que de 10 doses par semaine, soit un flacon à utiliser sous 48 heures. C'est une grosse contrainte ? 

Alors, dans les 48 heures, oui et non ! Du moment que vous n'avez pas appliqué la première injection, vous pouvez le garder autant de temps que vous voulez, à condition de le mettre au frigo et ne pas casser la chaîne du froid. Mais, effectivement, une fois qu'il est entamé, il faut l'utiliser rapidement et donc il vaut mieux avoir calé les 10 patients avant de commencer. 

Et ça, pour le coup, c'est une grosse organisation ? 

En moyenne, il y a 50 patients éligibles par médecin généraliste. Cela ne fait pas une grande cible. Mais, c'est vrai que les médecins ont été obligés de rappeler leurs patients. La Caisse d'Assurance Maladie est aussi en train de le faire. On aura donc une convergence des deux possibilités pour demander aux personnes qui veulent se faire vacciner si elles le souhaitent. On rappelle que ce n'est pas obligatoire. 

Certains médecins étaient réticents à l'idée de trier eux-mêmes leurs patients. Ca pose des questions éthiques ? 

C'est sûr. En même temps, on connait les gens qui sont à même d'être le plus vacciné donc ça permet de le faire. En même temps, tous les patients n'acceptent pas donc on arrive presque à faire le tour pour avoir les 10 patients pour cette semaine là. Rappelons aussi qu'on est actuellement en période de vacances scolaires sur la Région Centre-Val de Loire. 

Parmi vos confrères, certains assurent qu'ils n'ont pas forcément beaucoup de demandes sur cette tranche là de patients et avec en plus de vaccin, l'AstraZénéca ? 

C'est vrai que ce vaccin n'a pas eu forcément bonne presse. On a donné des chiffres ( d'efficacité) qui étaient inférieurs à celui de Pzfizer. A priori, les nouveaux chiffres seraient à peu près équivalents. Et puis, il y a les syndrômes grippaux dont on a entendu parlé à peu près dans tous les médias. Ils touchent essentiellement les 30/35 ans. L'hypothèse serait qu'ils ont déjà eu le Covid, même de façon asymptomatique. Mais, c'est normal que les gens se posent des questions. Même avec le Pzifer, il semble qu'il serait moins efficace sur le variant anglais. Mais, nous n'avons pas de chiffres réels pour l'instant.

Dernière question sur la vaccination des personnels soignants. Dans la région Centre- Val de Loire, seul un quart d'entre eux ont reçu les deux doses. On peut parler d'une certaine lenteur là aussi ? 

Mais, ça va lentement parce qu'on manque de vaccins, là encore. Il faut gérer la pénurie. D'ailleurs, pour nos patients, on n'est pas sûr non plus d'avoir les doses d'AstraZénéca pour la semaine prochaine.

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