Replay du lundi 21 juin 2021

Abstention aux élections : "une forme de sanction" pour Serge Grouard, le patron de LR dans le Loiret

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Au lendemain du premier tour des élections départementales et régionales, Serge Grouard, le maire d'Orléans et patron du parti Les Républicains dans le Loiret, était l'invité de France Bleu Orléans ce lundi.

Serge Grouard, maire LR d'Orléans (Loiret) et patron de LR dans le Loiret était l'invité de France Bleu Orléans ce lundi.
Serge Grouard, maire LR d'Orléans (Loiret) et patron de LR dans le Loiret était l'invité de France Bleu Orléans ce lundi. © Radio France - Antoine Denéchère

"Je suis un peu navré, dans beaucoup de pays, on se bat pour la démocratie, on se bat pour la liberté et nous, on boude les urnes", regrette ce lundi matin Serge Grouard, au lendemain du premier tour des élections régionales et départementales, marqué par une abstention record. Le maire d'Orléans, par ailleurs patron du parti Les Républicains dans le Loiret était l'invité de France Bleu Orléans. 

Ces élections sont marquées par une très forte abstention 67,3%. C'est un échec collectif ? 

Oui, cela montre le désintérêt de nos concitoyens et une forme de sanction à l'égard de la vie politique il faut l'entendre. Il va falloir entendre ce message. On s'en lamente tous les soirs d'élections et puis après, il ne se passe plus rien. Là, ce qu'il faut, c'est un travail de longue haleine, réconcilier les Français avec la vie politique. Pour cela, il n'y a qu'une solution, c'est, lorsque l'on est en situation, d'avoir des résultats, leur montrer que la vie politique cela sert à quelque chose.  

Nicolas Forissier, votre candidat, celui de la droite et du centre a fait 18,8%. C'est mieux que les sondages. Une bonne surprise quand même ?

Oui, c'est très bien effectivement, avec une équipe qui est déterminée et compétente, avec Nicolas Forissier qui est un homme sérieux, qui a un projet pour la région. Donc, moi, je suis satisfait effectivement de son résultat.

Il va jouer le troisième homme dans cette élection devant Marc Fesneau, tête de liste, la République en Marche. Loin par contre derrière la gauche, derrière le rassemblement national. Faut-il fusionner d'ici le second tour ?

D'abord je constate qu'au plan national, vous l'avez dit, En Marche est inexistant. C'est impressionnant qu'un parti présidentiel fasse de si mauvais scores, donc s'il y a une sanction elle est là aujourd'hui.

Vous allez avoir besoin d'eux si vous voulez accéder et potentiellement la Région, il va falloir compter sur les voix d'En Marche. Est-ce qu'il faut fusionner?

Moi, je ne suis pas dans la logique de faire des petits arrangements pour tenter de gagner. Ce n'est pas ma logique pour ce qui me concerne, mais je n'ai pas de leçon à donner. Lorsque, notamment je me suis présenté pour les municipales, vous l'avez remarqué, je n'ai jamais été dans des logiques de fusion. Je pense que cela introduit le flou pour les électeurs et c'est une des raisons qui amènent ce désintérêt : on vote pour quelqu'un et on vote pour un projet sur un premier tour et puis après, on se retrouve avec d'autres. Cela n'a guère de sens. Et ce que vous dites vaut tout particulièrement pour le Parti socialiste, avec la perspective, parce qu'on n'en parle pas, de fusion avec la France Insoumise. Ce serait une fusion totalement contre nature pour de simples intérêts électoraux. 

On va parler des élections départementales maintenant, beaucoup plus favorables aux Républicains. Vous êtes en tête dans 16 cantons, sur 21, c'est la prime aux sortants ?

Il y a la prime aux sortants et les gens qui ont fait le boulot, et cela c'est quand même satisfaisant, je le vois sur Orléans tous nos binômes sont en tête. Maintenant, je dis aussi que pour le deuxième tour, rien n'est fait.

Vu le nombre de votants, il faudra de toute manière retourner aux urnes dimanche prochain. Il faut remobiliser encore dimanche ?

Il faut mobiliser parce qu'il n'y a pas eu de mobilisation. Il faut que les gens se disent que c'est important, qu'ils connaissent tels ou tels candidats, qu'ils ont envie que ces candidats continuent ou ne continuent pas d'ailleurs dans certains cas, mais qu'ils se déplacent, qu'ils fassent part de leurs choix. Je suis un peu navré, dans beaucoup de pays, on se bat pour la démocratie, on se bat pour la liberté et nous, on boude les urnes. Alors on a des motifs d'insatisfaction, on en est parfaitement d'accord, je l'ai dit tout à l'heure, mais c'est quand même important. J'espère qu'il va y avoir cette mobilisation au second tour. 

On va assister parfois des duels LR-RN, c'est le cas à Châteauneuf, à Pithiviers et Courtenay. Est-ce que vous appelez la gauche à voter à droite? Est-ce que vous appelez tout simplement au front républicain?

Non. Moi, je ne crois pas à cela. Je vous le dis très franchement. Nos candidats sont bien placés et encore une fois, tout cela donne l'impression d'une forme de petite tambouille, et cela, il y en a ras le bol. La gauche défend un projet, nous défendons un projet, nous défendons des idées, ce ne sont pas les mêmes. Comment expliquer à des gens qui vont se déplacer pour venir voter "Vous savez, ce n'est pas grave. Vous allez voter pour ceux là. Ils n'ont pas les mêmes idées, ils ne sont pas d'accord sur  grand chose, mais vous allez voter pour eux." Cela n'a pas de sens, et à mon avis, dans la durée, c'est un facteur qui explique pourquoi nous avons un tel désintérêt croissant lors des élections.