Replay du vendredi 25 juin 2021

Tour de France : "on peut toujours espérer" la victoire d'un Français, pour un journaliste orléanais

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Eric Richard, journaliste à la Nouvelle République à Orléans, spécialiste du Tour de France, était l'invité de France Bleu Orléans, ce vendredi, à la veille du départ de la 108ème édition

Eric Richard,  auteur du livre "Y-a-t-il encore un Français pour gagner le Tour de France ?" publié chez Mareuil Edition, était l'invité de France Bleu Orléans.
Eric Richard, auteur du livre "Y-a-t-il encore un Français pour gagner le Tour de France ?" publié chez Mareuil Edition, était l'invité de France Bleu Orléans. © Radio France - Alexandre Frémont

A la veille du Tour de France, Eric Richard, journaliste à la Nouvelle République à Orléans et spécialiste du Tour était l'invité de France Bleu Orléans ce vendredi. Celui qui a publié "Y-a-t-il encore un Français pour gagner le Tour de France ?", chez Mareuil Edition revient sur les chances des Français de s'imposer sur la grande boucle cette année.  

Est-ce qu'il y a vraiment un Français qui pourrait gagner le Tour de France cette année?

Mais on peut toujours l'espérer, en tous les cas, on peut l'espérer davantage que ce qu'on pouvait faire il y a quelques années. C'est un peu l'objet de ce livre. On est partis en quelque sorte avec l'éditeur d'un constat, c'est que les jeunes générations n'ont jamais vu finalement de Français gagner le Tour. C'était l'occasion un petit peu de les évoquer, de les retracer et de se projeter et d'imaginer, pourquoi pas, qu'un Français soit capable de gagner le Tour. Alors, ce n'est pas un roman, donc je ne vais pas déflorer la fin, mais il n'empêche qu'aujourd'hui, on peut  considérer que si un coureur comme Julian Alaphilippe coche pas toutes les cases, comme on dit, et bien pourquoi pas, il fait partie des outsiders. Il est capable, peut être, de gagner le Tour.  

Il y a les anciens champions, en tout cas ceux qui ont gagné le Tour de France, côté français, il y a notamment Lucien Aimar qui parle, Bernard Thévenet, Bernard Hinault aussi. Ce sont des champions qui vous ont fait rêver?

Oui, la raison pour laquelle Lucien Aimar, Bernard Thévenet et Bernard Hinault interviennent effectivement à la fin de cet ouvrage et prennent la plume, c'est tout simplement parce que ce sont les trois derniers vainqueurs français vivants du Tour de France. Malheureusement, Roger Pingeon nous a quitté ces dernières années, Laurent Fignon, bien sûr. Donc Lucien Aimar, vainqueur du Tour 66. Bernard Thévenet 75 77 et, bien sûr, les cinq de Bernard Hinault, voilà les trois derniers vainqueurs français vivants qui peuvent effectivement témoigner de ce qu'est une victoire dans le Tour. Ils incarnent, et c'était un peu ce qui était intéressant aussi, trois époques qui se suivent d'assez près, grosso modo de dix ans en dix ans. Lucien Aimar vient d'avoir 80 ans, il est né en 1941, Bernard Thévenet en 48 et Bernard Hinault en 54, ils se chevauchent en quelque sorte dans la carrière, ils ont des regards d'ailleurs assez différents. 

Qu'est ce qu'il faut comme ingrédient pour gagner un Tour de France pour un Français? On disait beaucoup de chance, de la résistance à la souffrance aussi.

Ou alors il y a la chance, c'est certain. Il y a ce que dit Bernard Thévenet, j'ai beaucoup aimé sa formule, il faut un gros moteur. Un gros moteur, ce sont effectivement des capacités physiques hors normes, au delà du talent du cycliste. Et puis surtout, il faut arriver à un niveau d'expertise tel qu'on n'a pas le droit de faire une erreur. L'idée, c'est que,  vous le savez c'est en haute montagne, notamment, que se joue le Tour de France cycliste, soit qu'on soit le plus fort à l'exercice et là c'est gagner, soit qu'on ait la capacité de résister. On doit citer en exemple un très grand champion qui n'est pas français, lui, mais qui a marqué lui aussi l'histoire du Tour,  c'est Miguel Indurain. Cinq Tours de France consécutifs, c'est le seul à l'avoir fait. Alors Miguel Indurain gagnait tout sur le contre la montre, c'était une bête à une bête à rouler, et puis, lorsqu'arrivait la montagne, il était dans le sillage des meilleurs, il ne commettait jamais une erreur. Voilà un petit peu la chimie savante, l'alchimie, qu'il faut réussir, qu'on soit français ou pas. Il faut effectivement avoir cette capacité à réaliser un coup de maître sur un terrain essentiel et ensuite à ne plus faire une seule erreur. Et ça, c'est très difficile parce que c'est très long, le Tour. 

Il y en a des Français qui brillent. On parlait de Julian Alaphilippe, mais il y a aussi David Gaudu, Guillaume Martin, qui termine onzième du général l'an dernier. Tous ceux là n'ont pas pour vous la capacité de remporter un Tour de France ?

Ça paraît un peu compliqué quand même à ce jour. S'agissant de Guillaume Martin, oui, c'est vrai c'est un très bon coureur, il a de bons résultats en montagne, on l'attend encore cette année. Ce que dit également Bernard Hinault est intéressant. Il considère, lui, que plutôt que d'aller chercher une place au général, 10e, 15e, cela n'a aucun intérêt. En revanche, prendre des risques, se placer dans les attaques quotidiennement, voilà ce que c'est un peu la vie de Bernard Hinault. Voilà le terrain où on apprend et c'est là que l'on progresse. Alors, je pense effectivement que les coureurs français aujourd'hui doivent un peu s'imprégner de ces leçons des anciens, en quelque sorte. 

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