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Jo-Wilfried Tsonga, invité de France Bleu Orléans
Jo-Wilfried Tsonga, invité de France Bleu Orléans © Maxppp - Maxppp

Exclu Tennis : Jo-Wilfried Tsonga, ancien N°5 mondial

Diffusion du jeudi 13 septembre 2018 Durée : 6min

A l'occasion de sa venue à l'Open d'Orléans qui débute le 24 septembre prochain, le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga a accordé une interview exclusive à France Bleu Orléans. A écouter ou à lire.

France Bleu Orléans: Jo-Wilfried Tsonga, vous êtes absent des  courts depuis le 10 février dernier (blessure face à Lucas Pouille en  demi-finale au tournoi de Montpellier NDLR), une première question,  comment allez-vous ? Jo-Wilfried Tsonga: Pour le moment, ça va bien, je croise les doigts.  Je me prépare tranquillement pour reprendre la compétition donc  j'espère que ça va pouvoir se faire dans les semaines qui arrivent et  que je vais pouvoir reprendre le cours de ma carrière. 

Vous en êtes où de votre blessure ? Je n'ai plus de douleurs, j'ai repris le tennis depuis un petit  moment déjà. Je suis dans la dernière ligne droite, je vois le bout du  tunnel puisque j'ai repris à faire des points. Cette semaine, ça va être  pour moi le dernier test parce que j'enchaîne vraiment les très grosses  séances beaucoup de temps sur le terrain et beaucoup de sets  d'entraînement. Et à priori à la fin de cette semaine, si tout continue à  bien se dérouler, je serai apte à reprendre la compétition. 

Comment avez-vous vécu cette période d'absence sur le plan moral ? Sur le plan moral, ça n'aurait pas pu mieux se passer (rires) parce  que j'ai eu un petit garçon l'année dernière. Je me suis aussi marié  cette année donc pour moi c'était super de passer du temps avec ma  famille, ma femme, mon fils. Et surtout de faire un petit break, une  petite coupure parce que c'est vrai que toutes ces années où je faisais  partie du top 10, j'avais un programme chargé, j'ai beaucoup voyagé, je  n'étais pas beaucoup présent et là c'était l'occasion pour moi de me  poser, de dormir chez moi le soir et de profiter de d'autres choses que  du tennis. 

C'était un mal pour un bien ? On ne peut pas dire ça parce que je crois que quoiqu'il arrive  c'était un mal. J'aurais préféré ne pas me blesser. Bien évidemment  après j’essaie de prendre le bon côté des choses. Il y a aussi des  choses positives dans le fait de s'arrêter un petit peu. 

Je suis capable d'être compétitif... J'ai encore envie de jouer, j'ai  encore cette flamme, j'ai l'impression que j'ai encore un petit  chapitre à écrire dans mon livre. 

Vous n'étiez pas attendu sur les cours avant 2019, pour vous c'est une petite victoire de revenir avant ? Je ne m'étais pas fixé de date de reprise, pour moi je reviendrai  quand je serai prêt à rejouer et là on arrive à un moment où je suis  capable d'être compétitif. Le plus important pour moi c'est de retrouver  les courts et de prendre du plaisir. J'ai encore envie de jouer, j'ai  encore cette flamme, j'ai l'impression que j'ai encore un petit chapitre  à écrire dans mon livre et je suis ravi que ça vienne aussi vite parce  que ça aurait pu être plus long. Je vois enfin le bout du tunnel et je  me dis que je vais pouvoir reprendre la compétition ces prochaines  semaines. 

Avant la compétition, vous avez surtout repris les  entraînements, quelles ont été vos premières sensations après cette  longue absence ? Les premières sensations ne sont jamais bonnes (rires). On reste un  peu sur ce qu'on était quand on avait arrêté. J'étais en bonne forme  quand j'ai arrêté donc forcément le début n'était pas évident mais au  fur et à mesure des séances et du travail, les automatismes reviennent,  les qualités physiques reviennent et puis on prend à nouveau du plaisir. 

C'est vrai qu'on n'a pas les 50 meilleurs joueurs du monde mais il y a  très souvent de très belles têtes d'affiche comme on a pu le voir ces  dernières années à Orléans. 

Après les entraînements, place à la compétition, vous serez  présent à l'Open d'Orléans à la fin du mois de septembre, pourquoi  avez-vous accepté d'y participer ? C'est la toute première fois que je participe au tournoi d'Orléans.  Pour moi, c'est un avantage parce que ce n'est pas très loin de la  maison, j'ai grandi au Mans. Je vais avoir la possibilité d'inviter des  copains. Il y a aussi des gens qui ne m'ont certainement jamais vu jouer  au tennis. C'est sympa de retrouver ce genre de tournoi où il y a un  niveau relativement élevé. C'est vrai qu'on n'a pas les 50 meilleurs  joueurs du monde mais il y a très souvent de très belles têtes d'affiche  comme on a pu le voir ces dernières années à Orléans. Soit des joueurs  prometteurs, des jeunes qui vont monter, soit des anciens qui repassent  par la case "challenger" pour mieux rebondir donc ce sont des événements  qui sont chouettes. Je m'attends à passer une belle semaine. 

C'est uniquement pour ce que vous venez d'évoquer que vous avez accepté ? Ce qui m'a poussé à dire oui aussi c'est que ça tombait parfaitement  dans mon calendrier, sinon il aurait fallu que j'aille jouer en Asie. Et  donc pour moi l'Open d'Orléans tombait parfaitement. Quand on est dans  les 50 meilleurs joueurs du monde on ne choisit pas forcément son  calendrier. Là, le fait que je sois redescendu un petit peu (65e au  classement ATP, NDLR) ça me permet aussi de choisir mes événements et de  mieux faire mes programmations pour arriver en forme quand j'en ai  envie. 

Ce tournoi c'est pour vous l'occasion de vous remettre en jambes ou vous comptez le remporter ? L'objectif c'est de retrouver le rythme parce qu'on peut s'entraîner  pendant deux années de suite et puis avec un seul match de tennis vous  pouvez avoir des courbatures, c'est ça qui est hyper frustrant. Pour moi  l'objectif c'est de repasser à un niveau un tout petit peu inférieur  par rapport à celui que j'ai eu ces dix dernières années pour essayer  justement de gagner plusieurs matches à la suite. Ensuite j'aimerais  retrouver ce rythme parce qu'au tennis le plus difficile ce n'est pas de  gagner un match mais c'est d'arriver à en gagner plusieurs d'affilés et  notamment sur une semaine où on joue presque tous les jours.

Donc l'objectif ce n'est pas de gagner ce tournoi mais de retrouver votre niveau pour prétendre à mieux ? Exactement, c'est de retrouver mon niveau tout simplement. Si je  retrouve vite mon niveau et que je suis capable d'aller chercher de bon  résultats dans ce tournoi-là, tant mieux ! Mais l'objectif sur cette fin  d'année c'est vraiment de retrouver mon niveau et d'attaquer la saison  prochaine avec des certitudes. 

L'Open d'Orléans c'est l'occasion pour moi de renouer avec le court,  de renouer avec la victoire. Je veux enchaîner les victoires pour  retrouver cette confiance, cette confiance en mon physique, en mon jeu. 

L'Open d'Orléans, c'est aussi pour vous le moyen de revenir au premier plan ? C'est l'occasion pour moi de renouer avec le court, de renouer avec  la victoire. Je veux enchaîner les victoires pour retrouver cette  confiance, cette confiance en mon physique, en mon jeu. Je ne me fixe  pas d'objectif particulier parce que ça fait plusieurs mois que je ne  joue plus donc il va falloir que je retrouve mon niveau. Je vais me  servir de ces tournois-là pour le retrouver justement. 

Un petit mot sur vos copains de l'équipe de France, ils  jouent ce week-end contre l'Espagne en demi-finale de la Coupe Davis,  c'est une confrontation à laquelle vous auriez aimé participer ? Tout ce que j'ai pu jouer, je l'ai fait. J'ai toujours défendu ce  maillot Bleu du mieux que je pouvais. Je me suis toujours donné à fond  dans cette compétition. Pour moi c'est un rêve de gamin de faire partie  de cette équipe donc évidemment que j'aurai préféré y être. Après ça  fait partie du sport aussi donc il faut prendre son mal en patience pour  pouvoir revenir encore plus fort et revivre ce genre de moment. 

A 33 ans Jo-Wilfried Tsonga, vous n'avez pas été épargné par  les blessures, si vous êtes amené à rechuter ces prochaines semaines,  qu'allez-vous dire, je jette l'éponge c'est la fin de ma carrière ou je  reviendrai encore plus fort ? Je ne sais pas, je vous dirai un jour si ça arrive. Pour l'instant ce  n'est pas dans mes plans, ça se passe comme ça. Je ne me pose pas ce  genre de question, j'ai une blessure dure, j'ai vraiment envie de jouer  donc pour moi c'est important de retrouver les courts et ce qui se  passera après, je m'en préoccuperai plus tard.