Replay du vendredi 29 janvier 2021

Hélène Mouchard-Zay, présidente du Cercil - Musée mémorial des enfants du Vel d'Hiv

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Il y a dix ans, le Musée-mémorial des enfants du Vel d'Hiv ouvrait ses portes à Orléans, à l'initiative du Cercil, le Centre d'études et de recherches sur les camps d'internement du Loiret. Une décennie plus tard, l'association continue de se battre pour entretenir le devoir de mémoire.

Hélène Mouchard-Zay, présidente du Cercil - Musée mémorial des enfants du Vel d'Hiv, à Orléans
Hélène Mouchard-Zay, présidente du Cercil - Musée mémorial des enfants du Vel d'Hiv, à Orléans © Radio France - Marine Protais

Le Musée-mémorial des enfants du Vel d’Hiv a ouvert ses portes rue du Bourdon Blanc, à Orléans, il y a dix ans quasiment jour pour jour, à l’initiative du Cercil, le Centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret. L'inauguration a eu lieu le 27 janvier 2011, en présence de Simone Veil et du président de la République de l'époque, Jacques Chirac. La présidente du Cercil, Hélène Mouchard-Zay, en garde un souvenir très émouvant. 

C'était la découverte pour beaucoup de gens, au niveau local et au niveau national, de l'existence de ces camps du Loiret. Et désormais, il y avait un lieu dédié.

La présidente du Cercil a été très touchée par la présence de Simone Veil, et salue la venue de Jacques Chirac. "C'est lui, par sa déclaration en 1995, qui a reconnu pour la première fois officielle, la responsabilité du régime de Vichy dans la déportation des juifs de France." Elle confie que beaucoup de proches de déportés étaient également présents. 

Un lieu d'Histoire vivant

Depuis sa création, ce musée a pour objectif de transmettre et entretenir la mémoire, dans un lieu "vivant", rempli d'archives, d'objets, de témoignages, que le Cercil continue de récolter plus de 75 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale. Ils feront d'ailleurs prochainement l'objet d'une nouvelle exposition, intitulée "Sortir de l'oubli", à l'occasion de ce dixième anniversaire.

Il n'y a hélas presque plus de survivant, mais il y a encore des témoins qui, lorsqu'ils étaient enfants, sont allés visiter leurs parents dans les camps.

Hélène Mouchard-Zay constate que chez les descendants, notamment les petits-enfants de déportés, il y a ce "désir de savoir" car pendant longtemps, les rescapés n'ont pas parlé de ce qu'ils avaient vécu. 

Les camps d'internement du Loiret longtemps occultés

Pour la présidente du Cercil, il est d'autant plus important de raconter l'histoire de ces camps d'internement du Loiret, notamment Pithiviers et Beaune-la-Rolande, par lesquels 4 500 enfants sont passés avant d'être emmenés et tués à Auschwitz. 

"Moi j'ai passé toutes mes années de lycée dans cette ville, Orléans, je suis d'une famille particulièrement sensibilisée à ces questions-là et pourtant, je n'avais jamais entendu parler de l'existence de ces camps", regrette Hélène Mouchard-Zay. Encore aujourd'hui, elle estime qu'il faut continuer à se battre pour entretenir le devoir de mémoire. "La mémoire, ce n'est jamais acquis", estime-t-elle. 

Hélène Mouchard-Zay acquiesce le fait qu'il faut "tourner la page" mais pour cela, "il faut qu'elle soit lue". C'est la raison pour laquelle le Musée-mémorial des enfants du Vel d'Hiv organise régulièrement des visites scolaires. Mais avec la crise sanitaire et la fermeture des lieux culturels, ce n'est plus possible. L'établissement tente donc de se renouveler, avec notamment, un nouveau site internet.