Replay du lundi 29 mars 2021

Covid-19 : "les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants", prévient le directeur du CHRO

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"Les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants", prévient le directeur du CHRO Olivier Boyer, ce lundi matin sur France Bleu Orléans. La circulation du virus s'intensifie dans le Loiret, et il ne reste qu'un lit de disponible en réanimation.

"Les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants", estime ce lundi matin Olivier Boyer, directeur du CHRO, alors que la circulation du Covid-19 s’accélère dans le Loiret.
"Les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants", estime ce lundi matin Olivier Boyer, directeur du CHRO, alors que la circulation du Covid-19 s’accélère dans le Loiret. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Pour la première fois depuis mi-novembre, le taux d'incidence atteint les 264 cas pour 100 000 habitants dans le Loiret, ce lundi matin. C'est au-dessus du seuil d'alerte maximale, situé à 250 pour 100 000. Au Centre hospitalier régional d'Orléans, la situation se tend également : il ne reste plus qu'un seul lit de réanimation disponible. "Les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants", estime ce lundi le directeur du CHRO, Olivier Boyer, invité de France Bleu Orléans. Olivier Boyer, le directeur du CHRO, est l'invité de France Bleu Orléans ce lundi matin. 

Pour la première fois depuis la mi novembre, le taux d'incidence dépasse le seuil d'alerte maximale dans le Loiret. Etes vous inquiet ? 

Oui, on est relativement inquiets dans la mesure où on voit le niveau de l'épidémie progresser dans la région et dans les autres régions françaises. Et effectivement, on sait que les semaines qui viennent vont être difficiles pour les soignants.  

Vous avez sans doute vu cet appel dans le JDD ce weekend. 41 directeurs de crise de l'APHP : "Nous serons contraints de faire un tri des patients". Dans le Loiret, est-ce qu'on va pouvoir tenir? 

On va faire ce qu'il faut, bien sûr, pour faire face aux besoins d'hospitalisation des patients. Surtout, la réponse aujourd'hui, c'est qu'on va devoir déprogrammer des activités plus qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent pour pouvoir hospitaliser les patients. C'est le médecin qui décide pour chaque, pour chaque patient s'il déprogramme ou pas, mais il est évident que ce qu'on doit préserver impérativement, ce sont les urgences et les patients atteints de cancer, de même que les autres opérations qui ne peuvent pas être déprogrammées. Il des opérations qui peuvent attendre, notamment en orthopédie ou en chirurgie bariatrique. 

Où en est-on ce matin dans les services de réanimation ? Est-il  possible de faire encore de la place ?

Pousser les murs on peut toujours le faire parce qu'on a suffisamment de lits physiques. La difficulté, ce sont les personnels médicaux et surtout paramédicaux, puisque nous sommes dans l'attente de la sortie des écoles, qui n'arrivera pas avant le début de l'été. Et là, on a 80 postes d'infirmières vacants effectivement à l'hôpital, ce qui rend effectivement la mobilisation des personnels, particulièrement en réanimation, difficile. 

Combien de lits sont occupés ? 

En réanimation, il nous reste juste un lit disponible sur les 53 lits de réanimation dédiés aux patients qui ont besoin d'être en réanimation Covid et non Covid. On est presque à saturation. Ça fait déjà une quinzaine de jours que nous sommes en difficulté et que tous les jours, les médecins et les soignants jonglent avec les capacités de prise en charge des patients en réanimation.

Dans ces lits, vous accueillez quels patients ? Est-ce que ça a évolué par rapport à la première et la deuxième vague?

Oui, par rapport à la première vague, surtout. Aujourd'hui, des patients qui auraient été en réanimation, on les prend en charge notamment en pneumologie, et ils peuvent les mettre sous oxygène tant qu'ils ne sont pas intubés. Donc, effectivement, la prise en charge des patients a beaucoup progressé et on arrive de cette manière à mieux faire face aux besoins de soins des gens qui sont malades.

Comment vont les soignants ? Sont-ils exténués par cette année de crise ? 

Effectivement, il y a une fatigue importante. Il y a un nombre d'arrêts maladie assez important, mais ils sont là. Évidemment, ils soutiennent l'effort et je les en remercie vraiment tous les jours parce que je comprends et nous comprenons tous que c'est une épreuve de tenir sur la durée et sur une durée qui est très longue. Ça fait un an qu'on est mobilisés sur le Covid. Donc effectivement, c'est vraiment épuisant. Il y a des arrêts de travail, notamment chez les infirmières et chez des aides-soignantes qui sont mobilisées parce que effectivement, c'est un changement de rythme. Il y a des gens à qui on demande de faire complètement un autre métier que celui qu'ils faisaient précédemment, c'est-à-dire de la réanimation. Et donc, c'est une activité qui est très astreignante.

Vous attendez un coup de main des structures privées? 

On a déjà eu un coup de main des structures privées. Je sais que les médecins, les équipes de soins sont en contact et j'espère effectivement qu'on pourra compter sur leur aide dans les semaines qui viennent. On aura sans doute besoin.

Les semaines qui arrivent vont-être dures, faut-il reconfiner ?

Ce n'est pas moi évidemment, qui vais décider si on reconfine ou pas. Ce que l'on a observé, c'est qu'effectivement, quand on est confiné, on a une baisse dans les quinze jours qui suivent du taux de contamination. On verra si, en région parisienne, les mesures de protection qui ont été prises sont efficaces. Et en tout cas, il est clair que l'augmentation des gestes barrières et des mesures de protection pour éviter la contamination me paraît important pour éviter qu'on soit en difficulté, pour faire face aux besoins d'hospitalisation des gens.