Toutes les émissions

L'invité de France Bleu Orléans

Du lundi au vendredi à 7h50

"Il faut anticiper car demain le marché britannique peut tomber pour certaines entreprises" - Stéphane Munos
"Il faut anticiper car demain le marché britannique peut tomber pour certaines entreprises" - Stéphane Munos © Radio France - François Guéroult

Stéphane Munos (CCI) et le Brexit : "On prépare volontairement les entreprises au pire"

Diffusion du vendredi 12 avril 2019 Durée : 7min

Le Royaume-Uni a failli quitter l'Union européenne le 29 mars, puis aujourd'hui 12 avril : le Brexit a de nouveau été reporté au 31 octobre, au + tard. Situation difficile à vivre pour les 160 entreprises loirétaines qui travaillent avec le Royaume-Uni et que conseille Stéphane Munos à la CCI Loiret

160 entreprises du Loiret travaillent actuellement avec le Royaume-Uni, essentiellement à l'export : la balance commerciale entre le Loiret et le Royaume-Uni est positive, elle s'élève à 500 millions d'euros par an. Un marché loin d'être négligeable mais en plein doute avec la tempête du Brexit.

Mercredi soir, le Brexit a de nouveau été reporté. Une bonne nouvelle ? "Oui et non, réagit Stéphane Munos, conseiller en développement international à la Chambre de Commerce et d'Industrie du Loiret. Tous les mois, le "non deal" (sortie sans accord) peut intervenir, donc ça cultive l'incertitude auprès des entreprises. Aujourd'hui, on travaille à les informer, à les préparer, dans un principe de précaution. Volontairement, on privilégie le scénario du pire parce que demain, le marché britannique peut tomber."

Encourager les entreprises à diversifier leur marché"

Dans la pratique, "la CCI du Loiret invite les entreprises qui travaillent actuellement uniquement sur le marché domestique européen à considérer que demain le Royaume-Uni sera un pays tiers, c'est-à-dire qu'il faudra prévoir des déclarations en douane, des certificats d'origine, d'éventuels droits de douane - et on est là pour ça, pour former ces entreprises aux techniques export. Nous, on a de longue date des services formalités qui permettent aux entreprises de traiter toute cette chaîne documentaire par métier." Avec une limite, reconnaît Stéphane Munos : "en l'absence d'accord, on ignore s'il y aura des facilités pour tel ou tel domaine, et ça cultive l'incertitude côté britannique."

Dans ce contexte, la CCI recommande aussi à certaines entreprises de chercher, dès à présent, d'autres fournisseurs ou d'autres débouchés, dans l'Union européenne ou dans le grand export. "On n'a pas d'alerte à notre niveau, mais je fixerais à 30% du chiffre d'affaire dépendant du Royaume-Uni le seuil à partir duquel une entreprise peut être mise en grosse difficulté, et donc doit anticiper à moyen terme à diversifier ses marchés.