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L'usine Seveso Lubrizol à Rouen
L'usine Seveso Lubrizol à Rouen © Radio France - Antoine Sabbagh

Jacky Bonnemains, le président de l'association de l'environnement Robin des Bois

Diffusion du jeudi 3 octobre 2019 Durée : 7min

Une semaine après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le gouvernement a demandé aux industriels propriétaires de sites Seveso, partout en France, "des contrôles de sécurité supplémentaires, notamment en matière de protection incendie". 

Il y a 72 sites de ce genre en région Centre Val de Loire, 24 dans le Loiret, dont 11 sont classés "Seveso seuil haut", c'est-à-dire avec un risque plus élevé. "A chaque fois qu'il y a un accident quelque part en France, les pouvoirs publics disent que les contrôles vont être renforcés. Mais en fait les effectifs dans les DREAL (les Directions Régionales de l'Environnement) ne sont pas suffisants pour faire vraiment des visites de terrain" déplore Jacky Bonnemains, le président de l'association Robin des Bois. 

Le fondateur de cette association de protection de l'environnement précise que selon lui, ce sont les usines de chimie fine dans le Loiret qui s'apparentent le plus à l'usine Lubrizol de Rouen. "Nous, nous recommandons vraiment aux riverains de ces usines Seveso, de se renseigner auprès des mairies, de manière insistante, sur les risques ils sont exposés. Depuis deux ans, sous prétexte d'un risque terroriste, il y a des restrictions des accès à ces informations".

"Nous les associations nous avons du mal à obtenir ces informations, parce que nous ne sommes pas riverains de Thalès à la Ferté Saint Aubin, du dépôt pétrolier de Saint Jean de Braye, de l'usine Isochem à Pithiviers. _Avant 2017, il y avait une très bonne disponibilité de ces informations_, mais maintenant l'accès est restreint". 

"Pour nous ces précautions liées au risque terroriste servent aux industriels et aux pouvoirs publics d'argument pour restreindre les informations disponibles. Donc les riverains ne doivent pas se laisser endormir et doivent réclamer obstinément à la préfecture d'Orléans, à leur mairie, des informations sur les risques"