Replay du lundi 21 septembre 2020

Olivier Boyer, le directeur du Centre Hospitalier Régional d'Orléans

- Mis à jour le

Le directeur de l'hôpital d'Orléans revient sur l'enquête menée à la demande des autorités de santé, au sein du service de cardiologie de son établissement. Une enquête qui a abouti à la suspension de deux cardiologues, soupçonnés d'avoir pratiqué un nombre abusif d'angioplasties coronaires.

Olivier Boyer, le directeur du Centre Hospitalier Régional d'Orléans
Olivier Boyer, le directeur du Centre Hospitalier Régional d'Orléans © Radio France - Anne Oger

Olivier Boyer, le directeur du CHR d'Orléans, assure que c'est à sa demande que l'Agence Régionale de Santé a déclenché une inspection sur l'activité de deux médecins cardiologues exerçant dans son établissement, et sur une opération en particulier : l'angioplastie coronaire. Une inspection menée par deux éminents spécialistes de la société française de cardiologie, qui s'est transformée en enquête, et qui a abouti à la suspension de deux médecins du service, soupçonnés d'avoir pratiqué un nombre abusifs d'opérations de ce genre. 

Olivier Boyer explique que cette inspection a été menée par des médecins qui exercent la même activité que les deux cardiologues mis en cause dans ce rapport, "ils sont à même de juger de la pertinence de l'activité médicale de leurs confrères. Nous les avons saisis parce qu'il y avait un certain nombre d'éléments depuis plusieurs années. Sur la base de ce rapport, nous avons pris des décisions, mais le dossier est encore en cours"

Il y a clairement le problème des dépassements d'honoraires, en dehors de l'aspect médical, c'est pour ça que j'ai voulu une enquête

Cette opération, l'angioplastie coronaire, est un acte médical assez courant et technique, qui consiste à déboucher les artères du coeur, pour prévenir un infarctus. Mais le rapport pointe des opérations en nombre et parle même, pour un des médecins mis en cause, "d'un record de France réalisé en 2018". Quel est l'intérêt pour un médecin, de pratiquer autant d'opérations ? A cette question Olivier Boyer se garde de répondre sur le plan médical : "je ne suis pas médecin, je ne suis pas capable de vous dire pourquoi ils ont fait cela. Mais il y a effectivement des actes non pertinents. Il peut s'agir d'une mauvaise lecture, d'un mauvais diagnostic". 

Mais derrière ces pratiques abusives se pose la question de la facturation d'actes médicaux non justifiés, puisque l'un des cardiologues mis en cause exerçait une partie de son activité à l'hôpital en libéral, en facturant, donc, des dépassements d'honoraires à ses patients. "C'est clairement le problème" reconnaît Olivier Boyer. "Et c'est pourquoi oui on peut imaginer que l'objectif de tout cela aurait pu être de faire du chiffre. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'avais moi-même mené une enquête en interne début 2019. Et cela prouve qu'il y a un contrôle de l'activité libérale au sein de l'hôpital public"

Olivier Boyer souligne que cette inspection ne doit pas remettre en cause l'activité de tout le service de cardiologie de l'hôpital d'Orléans. "Il y a 12 cardiologues, le rapport indique que les deux autres cardiologues qui pratiquent des angioplasties dans ce service le font très bien, cela doit rassurer vos auditeurs. Et depuis cette suspension, le CHU de Tours nous aide régulièrement, et nous venons de recruter un jeune angioplasticien qui arrivera en novembre"

On se prépare à une éventuelle deuxième vague (de Covid 19), si elle arrive j'espère qu'elle sera moins forte et moins traumatisante

Interrogé sur la façon dont le CHR d'Orléans se prépare à une éventuelle deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, Olivier Boyer confirme que le service de réanimation se prépare : "On a un volume d'hospitalisation limité depuis le début de l'été, entre 10 et 15 patients, et cinq actuellement en réanimation"

"Mais on se prépare, puisqu'on a l'exemple de Marseille, de Nice, et tous les experts nous annoncent que cela risque d'augmenter. On est expérimentés, les médecins ont compris comment prendre en charge cette maladie. S'il y a une deuxième vague, elle sera moins forte et moins traumatisante. Et surtout j'espère qu'on pourra continuer à soigner les patients qui en ont besoin, on ne pourra pas de nouveau déprogrammer complètement les soins des autres patients"

Mots clés: