Replay du jeudi 8 octobre 2020

Francis Chevrier, le directeur des Rendez-vous de l'Histoire à Blois

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Les Rendez-vous de l'Histoire, dont c'est la 13ème édition cette année, ont débuté ce mercredi 7 octobre à Blois, malgré le contexte sanitaire. Avec des règles très strictes : deux fois moins de participants aux conférences et masques pour tous. Mais c'est la preuve que la vie normale peut continuer

Francis Chevrier le directeur des Rendez-vous de l'Histoire de Blois
Francis Chevrier le directeur des Rendez-vous de l'Histoire de Blois - Francis Chevrier

Les Rendez-vous de l'Histoire se déroulent à Blois jusqu'à ce dimanche 11 octobre, avec un programme très riche autour du thème de cette année : "Gouverner". Des conférences d'historiens, d'économistes, des débats, des films, et un salon du Livre qui débute ce jeudi 8 octobre. 

Francis Chevrier, le directeur des Rendez-vous de l'histoire, avoue avoir "beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de maintenir ces rencontres. Nous l'avons fait avec les élus locaux et la préfecture, et en prenant toutes les précautions, en adoptant un protocole très strict. On a pu le vérifier avec la conférence de Pascal Picq (le paléontologue) ce mercredi soir, de très bonne tenue. La salle était à moitié remplie, tout le monde bien évidemment masqué. C'est vrai que les Rendez-vous de l'Histoire sont une manifestation particulière, avec un public particulièrement civique, il faut avoir cela à l'esprit".

Vous voyez-vous comme une sorte de laboratoire de ce que peut être une vie culturelle normale en temps d'épidémie ?

"C'est exactement ça, c'est notre sentiment ! A la fois très conscients de notre environnement, de cette épidémie qui est une réalité, bien évidemment. Mais aussi le désir, tout en prenant les précautions nécessaires, de continuer à vivre, de continuer à dialoguer, à réfléchir, de continuer à se voir, à inter-échanger physiquement, pas uniquement par écran interposé. Tout ce qui fait le sel de la vie. On doit continuer à vivre et nous avons fait ce choix de tenter cette expérience et de le démontrer".

Et finalement très peu d'intervenants ont annulé leur participation ?

"Moins de 10%. Ce qui fait que nous avons encore plus de 960 intervenants qui pendant ces quatre journées vont prendre la parole, s'exprimer, travailler, réfléchir et répondre aux questions du public. Ainsi que plus de 250 éditeurs, qui ont confirmé leur présence au Salon du livre d'Histoire, et qui sont en train de s'installer. Donc très peu d'annulations au final".

Le thème, "Gouverner" est d'actualité mais il est difficile d'avoir le recul de l'historien ?

"Il faut venir, justement, pour écouter ce qu'ont à dire les historiennes et historiens sur la longue durée, le recul que permet l'histoire, l'analyse des périodes plus anciennes, des épidémies que nous avons déjà traversées, parce qu'évidemment ce n'est pas la première. Toutes ces analyses sont en effet au coeur des réfléxions pendant quatre jours à Blois". 

Ce qui est cocasse c'est que le Pr Delfraissy, le président du comité scientifique sur le Covid 19, est là malgré l'épidémie

Il vient participer à un débat sur la question : "doit-on laisser les médecins gouverner ?", lui qui pourtant est très alarmistes sur l'épidémie et qui prône un durcissement des mesures sanitaires. "Moi je ne trouve pas cela cocasse", répond Francis Chevrier. "Au contraire cela témoigne de la cohérence des propositions du conseil scientifique et de la gestion différenciée des territoires, qu'il prône, en fonction de l'évolution de l'épidémie. Cela témoigne que notre territoire, le Loir-et-Cher, n'est ni Marseille ni Paris, et que dans ces territoires la vie peut continuer en étant attentifs aux alertes. La vie économique, culturelle, sociale, doit pouvoir continuer, et la présence du Pr Delfraissy témoigne de cette possibilité de continuer à vivre et de s'adapter à l'épidémie de la manière la plus intelligente possible. C'est le propre de l'homme et c'est comme cela que nous combattrons ce virus, j'en suis convaincu".