Replay du mercredi 9 septembre 2020

Le docteur Thierry Prazuck, chef du service maladies infectueuses du CHR d'Orléans

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Quelle est la situation sanitaire dans le Loiret, une semaine après la rentrée ? Le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de cas positifs rapporté à la population, est encore en hausse, mais à l'hôpital d'Orléans, le nombre de malades n'augmente pas, "même s'il y a des nouveaux cas".

Thierry Prazuck, le chef du service des maladies infectieuses du CHR d'Orléans
Thierry Prazuck, le chef du service des maladies infectieuses du CHR d'Orléans © Radio France - Anne Oger

Au niveau national, la direction générale de la santé parle d'une "nette dégradation de la situation", Thierry Prazuck, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital d'Orléans, parle lui d'une "vigilance accrue"

Dans le Loiret le taux d'incidence (le nombre de cas pour 100 000 habitants) atteint 68 cette semaine. "Mais c'est un chiffre à prendre avec précaution, il est lié au nombre de tests réalisés. Ce nombre il a été multiplié par deux ces dernières semaines. Ce qu'il faut regarder, c'est le taux de positivité, la proportion de personnes positives par rapport aux personnes testées". Ce taux-là est de 4,4% selon le dernier bilan de l'Agence Régionale de Santé. "On le suit de près, espérons qu'il n'y ait pas une envolée, pour l'instant ça n'est pas le cas"

Il y a des nouveaux cas à l'hôpital d'Orléans, tous les jours

La situation à l'hôpital d'Orléans, elle, n'inspire pas d'inquiétude explique Thierry Prazuck. "Il y a des nouveaux cas, c'est vrai, et on en voit tous les jours, mais en réanimation le nombre de patients n'augmente pas. On n'est pas dans la situation du mois d'avril, pour le moment en tout cas"

Sur la question du dépistage, le Dr Thierry Prazuck regrette que les personnes asymptomatiques encombrent parfois les centres de tests, c'est la raison pour laquelle le ministre de la Santé, Olivier Véran, a parlé de prioriser l'accès aux tests, pour les personnes présentant des symptômes. "Oui c'est important, parce qu'aujourd'hui on a des personnes symptomatiques ou cas contacts qui ne peuvent pas se faire tester avant quatre ou cinq jours. Si on se présente alors qu'on n'a pas de raison de se faire tester, on prend la place de quelqu'un. Alors que cela n'a aucun intérêt de savoir si on est négatif à l'instant T. On peut être positif le lendemain. Si on veut vraiment savoir, on va faire un test sérologique dans un labo ou dans une pharmacie"

Il y a un risque minime de contamination si on respecte vraiment les gestes. Il ne faut pas agir à la légère, mais il faut aussi avoir une vie normale

Le gouvernement réfléchit aussi à un raccourcissement de la durée d'isolement des cas positifs. Il s'agirait de la ramener à sept jours au lieu de 14 jours actuellement. "On sait maintenant qu'on est contaminant dans les sept premiers jours, après cela diminue fortement, donc oui ce serait judicieux de réduire cette durée d'isolement"

D'une manière générale, Thierry Prazuck plaide pour "que l'on reprenne une vie normale, que les enfants aillent à l'école par exemple, qu'on ne ferme pas une classe au moindre cas. Il faut tester les personnes symptomatiques, les isoler, mais _avec le respect des gestes barrière, le masque, on peut vivre_. Si on prend l'exemple de l'Université d'Orléans, pas de problème avec la proximité entre les élèves, si le port du masque est respecté"

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