Replay du mardi 25 mai 2021

Théatre d'Orléans occupé : "nous allons accroître la pression" assure Nadedja Thilou, l'une des occupantes

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Au lendemain d'une réunion de la coordination nationale des lieux de culture occupés, Nadedja Thilou, occupante du théâtre d'Orléans et membre du syndicat Sud Culture était l'invitée de France Bleu Orléans

Nadedja Thilou, occupante du théâtre d'Orléans
Nadedja Thilou, occupante du théâtre d'Orléans © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

"Nous allons accroître la pression" sur le gouvernement, pour forcer au retrait de la réforme de l'assurance chomage, assure ce mardi matin Nadedja Thilou, occupante du théâtre d'Orléans et membre du syndicat Sud Culture, invitée de France Bleu Orléans. La coordination nationale des lieux occupés s'est réunie à Orléans dimanche et lundi.

Vous occupez le théâtre depuis le 12 mars, bientôt deux mois et demi, les lieux culturels ont rouvert. Il n'est pas temps de plier bagages ?

Non. Il n'y a pas que des intermittents du spectacle dans cette occupation. Il y a aussi des précaires, des intermittents de l'emploi et c'est le cas de la plupart des occupations aujourd'hui en France. C'est-à-dire qu'elles regroupent des populations assez différentes, qui sont toutes touchées par une précarité de l'emploi. Ce qui caractérise notre secteur à nous, culturel, c'est qu'on est des chômeurs, pratiquement tous. Donc, on se bat à la fois pour nos droits et en même temps de se battre pour nos droits on se bat pour les droits des chômeurs dans leur ensemble. 

Vous venez de décider, avec la coordination nationale des lieux occupés, de poursuivre le mouvement dans une centaine de sites en France et appelez au chahut général.

Le chahut, c'est l'idée de poursuivre le mouvement en dépit de la réouverture, parce que la réouverture ne résout pas les problèmes qui ont été posés par les interdictions de travailler faites en raison de la crise sanitaire et les conséquences qu'elles ont eu. D'une part sur la déstructuration du secteur culturel, et puis, d'autre part, la crise économique qui a des conséquences aussi très graves, tous les licenciements, l'accroissement de la pauvreté et du chômage. 

Vous avez été entendus, le gouvernement prolonge de quatre mois l'année blanche, jusqu'à au 31 décembre. C'est déjà un sacré effort budgétaire. 

Alors quatre mois supplémentaires, est-ce que ça va vraiment résoudre les problèmes ? Il faut savoir qu'il y a près d'un intermittent sur deux qui n'a pas renouvelé ses droits au 31 août. Il y a énormément de personnes qui n'ont pas encore repris le travail, qui le reprennent tout doucement mais sur des volumes extrêmement réduits par rapport à 2019. D'autre part, il y a énormément de réponses qui n'ont pas été données. On n'a pas obtenu les réponses politiques qu'on attendait, en particulier sur la réforme de l'assurance chômage, qui reste en fait notre revendication phare sur laquelle nous n'avons pas été entendus. 

Cette revendication de retrait de l'assurance chômage, c'est un bras de fer qui est engagé avec le gouvernement. Est-ce que vous avez vraiment, vous, le moyen de remporter ce combat ? 

Oui. Il faut savoir que cette réforme, elle est profondément anticonstitutionnelle et c'est pour cela qu'il y a eu un recours qui a été déposé au Conseil d'Etat. On attend la réponse en juin. Nous, en tant qu'occupants des théâtres au niveau national et pris dans ce mouvement de lutte, nous allons accroître la pression pour faire entendre et faire connaître cette réforme qui est encore largement méconnue et dont la plupart des Français ne saisissent pas encore la portée. Mais on a bon espoir de le faire parce qu'on a déjà réussi à la faire sortir de l'ombre. Elle est déjà allée dans une lumière médiatique où elle n'était pas en 2019.

Continuer la nature à vous faire, on le veut bien. Au Théâtre d'Orléans, les représentations, elles, ont repris. Comment on fait pour concilier les deux? 

On a le soutien de la direction sur cette occupation. On n'est pas en train d'empêcher des spectacles, on est en train de rencontrer le public, donc il y a des prises de parole avant les spectacles qui sont extrêmement bien reçus. Il y a également des happenings dans le hall du théâtre qui permettent de faire connaître notre lutte et nous sommes toujours visibles de façon à ce que les gens et on les invite tous à venir nous rencontrer pour qu'on fasse mieux comprendre pourquoi on est là.