Replay du vendredi 16 avril 2021

Olivier Boyer, directeur du CHR d'Orléans

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Alors que la France vient de franchir le cap des 100.000 morts du Covid-19, le Centre-Val de Loire reste la deuxième région la moins touchée. Mais dans les hôpitaux, la pression ne redescend toujours pas. Au CHR d'Orléans, plus aucun lit de réanimation n'est disponible depuis plusieurs jours.

Olivier Boyer, directeur général du CHR d'Orléans
Olivier Boyer, directeur général du CHR d'Orléans © Radio France - Marine Protais

Le seuil symbolique des 100.000 morts du Covid-19 a été franchi ce jeudi soir en France. Le Loiret est le département le plus endeuillé de Centre-Val de Loire - qui est, elle, la deuxième région la moins touchée de France. Dans les hôpitaux, la situation reste très tendue, notamment au CHR d'Orléans. 

"Cela fait plusieurs jours qu'il n'y a plus de place en soins critiques", insiste Olivier Boyer, directeur général du CHRO. C'est pourquoi, dès ce vendredi, cinq lits supplémentaires seront ouverts. Pour pouvoir accueillir de nouveaux patients, il va falloir mobiliser, encore davantage, le personnel hospitalier.

Des soignants épuisés

"Pour les infirmiers, les aides-soignants et les médecins, c'est très éprouvant", reconnaît le directeur du CHRO. Olivier Boyer dit avoir "hâte que cela se termine." En effet, les soignants sont mobilisés depuis le début de la crise sanitaire, il y a treize mois, et la pression ne redescend pas. 

Aujourd'hui, on a plus de lits en soins critiques que pendant la première vague. Nous étions à 150% au printemps 2020, nous sommes à plus de 160% aujourd'hui.

La grosse différence, c'est que l'an dernier, l'hôpital n'avait quasiment pas d'autre activité que le Covid. Cette fois, il n'est pas question de déprogrammer massivement, bien que plus de 50% des opérations ont déjà été reportées. 

Des malades de plus en plus jeunes

"Certaines maladies, comme les cancers, ne peuvent pas attendre", met en garde Olivier Boyer. Pour gérer les patients Covid, une unité de soins spéciale. "On va mettre en place, dans les lits du service chirurgie dont l'activité est un peu réduite, des lits de soins continus pour accueillir les malades ayant besoin de soins de réanimation, sans avoir encore à être intubés." 

Des patients qui sont de plus en plus jeunes, d'après le directeur de l'hôpital. Les médecins admettent notamment en réanimation des femmes enceintes, âgées d'une trentaine d'années, "parce que le variant anglais est de plus en plus présent."

Olivier Boyer constate également une hausse du nombre d'admissions ces derniers jours, soit dix jours après le week-end de Pâques."On est au pic des entrées en médecine, mais pas encore au pic des entrées en réanimation", prévient le directeur du CHR d'Orléans.