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"Nous devons lutter contre le prêt-à-penser qui met l'agro-alimentaire dans une case" - Philippe Villevalois
"Nous devons lutter contre le prêt-à-penser qui met l'agro-alimentaire dans une case" - Philippe Villevalois © Radio France - François Guéroult

Philippe Villevalois, délégué général de l'Association régionale des entreprises alimentaires (AREA)

Diffusion du jeudi 12 avril 2018 Durée : 8min

L'Area Centre Val-de-Loire fête aujourd'hui ses 10 ans. Un anniversaire marqué par l'aboutissement d'un projet : l'ouverture en septembre à Orléans d'un CFA agro-alimentaire. Car le secteur a toujours autant de mal à recruter et souffre d'un déficit d'image.

Un nouveau Centre de formation d'apprentis va être créé en septembre à Orléans : un CFA dédié à l'agro-alimentaire. Il portera le nom d'institut de formation régional des industries agro-alimentaires. Des formations en un an, 3 diplômes seront délivrés : pilote de ligne de production, conducteur de ligne et technicien de maintenance. Pour une centaine de places.

Derrière ce projet validé par la Région Centre Val-de-Loire : l'AREA, l'association régionale des entreprises alimentaires, qui fête ses 10 ans aujourd'hui. "Après 10 ans de travail, on s'aperçoit que notre attractivité a progressé, mais pas suffisamment, explique Philippe Villevalois, délégué général de l'AREA, il était l'invité de France Bleu Orléans ce matin. Nous avons toujours des besoins en recrutement, des besoins en qualification, des montées en compétences." Dans un secteur dynamique, et qui représente en région Centre Val-de-Loire 350 entreprises et 13 000 salariés. Particularité de ce CFA : "Il sera en grande partie hors les murs, avec des unités de proximité mobiles, pour être au plus près des bassins d'emploi et de vie, d'autant que les personnes qu'on recrute sont souvent peu mobiles, donc on va aller là où ils sont."

Un récurrent problème d'image

Reste la question : pourquoi le secteur agroalimentaire souffre-t-il d'un manque d'attractivité ? "Il y a ce que j'appelle le prêt-à-penser, soutient Philippe Villevalois, c'est facile de mettre un secteur industriel dans une case, sans faire l'effort d'aller voir. Bien sûr, ça reste des métiers industriels, ce n'est pas le club Med, mais ce sont des métiers sans routine, avec des innovations permanentes, de nouvelles recettes, de nouveaux packagings... "

Il y a enfin le problème de l'image de l'industrie agroalimentaire dans l'opinion, alors que la revue 60 millions de consommateurs sort aujourd'hui même un hors-série sur "les aliments qui empoisonnent" : trop de sucre, trop de sel, trop d'additifs alimentaires... "On n'a pas attendu les enquêtes de ce type de journaux pour travailler ! se défend Philippe Villevalois. Les taux de sucre, les taux de sels, les produits chimiques dans les process ont beaucoup diminué ces dernières années. 80% de ce qu'on consomme est acheté dans la grande distribution, la France est le pays au monde qui a la meilleure qualité de produits agroalimentaires, les Américains, les Canadiens, tout le monde vient voir la façon dont on travaille. Mais c'est vrai que les gens veulent aussi que quand ils achètent quelque chose, ils puissent l'oublier au frigo et le ressortir sans que ça n'ait pas bougé : pour que ce soit possible, il est évident que les industriels font ce qu'il faut ; ce ne sont pas forcément des produits chimiques, mais des process pour en faire sorte que les produits soient exempts de toute bactérie.".

Interview complète de Philippe Villevalois