Replay du vendredi 9 avril 2021

Proposition de loi sur la fin de vie : la députée LREM Caroline Janvier y est défavorable

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Les députés ont débattu ce jeudi d'une proposition de loi pour une "fin de vie libre et choisie", portée par Olivier Falorni, qui vise à autoriser l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une maladie incurable. La députée La République en Marche du Loiret, Caroline Janvier, s'y oppose.

Caroline Janvier, députée La République en Marche du Loiret
Caroline Janvier, députée La République en Marche du Loiret © Radio France - Marine Protais

"Je considère que c'est une rupture éthique majeure." La députée La République en Marche du Loiret, Caroline Janvier, ne cache pas son désaccord avec la proposition de loi du député Olivier Falorni visant à autoriser l'euthanasie pour toutes les personnes majeures souffrant d'une pathologie incurable. Un projet de loi débattu ce jeudi à l'Assemblée nationale, mais qui n'a pas pu être voté, faute de temps, en raison des nombreux amendements déposés.

Pour Caroline Janvier, quelques heures de débat ne suffisent pas pour trancher sur un sujet aussi sensible. "C'est un sujet plus complexe qu'il n'y paraît." Elle craint notamment des dérives.

La crainte de dérives

"Quand on parle de maladie grave et incurable, d'impasse thérapeutique, cela recouvre en réalité beaucoup de situations", détaille la députée loirétaine. 

En Belgique, par exemple, il y a des demandes pour des troubles mentaux et cognitifs. Alors à partir du moment où on accorde ce droit à mourir dans la dignité, c'est plus compliqué de le refuser ensuite pour des personnes atteintes par exemple de dépression sévère.

"Je pense que si on encadre cette pratique, on ouvre la porte à beaucoup de situations que l'on n'imagine pas aujourd'hui." Caroline Janvier plaide donc plutôt pour une amélioration du système de soins palliatifs et le renforcement à la loi Claeys-Leonetti, qui permet, depuis 2016, une "sédation profonde et continue".

La loi Claeys-Leonetti "mal appliquée"

La loi Claeys-Leonetti est malheureusement "mal appliquée" aujourd'hui, regrette la députée. D'autant qu'aujourd'hui, 26 départements français sont toujours dépourvus d'unité de soins palliatifs. L'objectif, en tout cas, est d'éviter de se retrouver face à des situations telles que l'affaire Vincent Lambert, assure Caroline Janvier. 

Elle appelle ainsi les Loirétains à "renseigner leurs directives anticipées", pour indiquer la façon dont ils veulent être accompagnés en fin de vie. Elle les incite également à s'informer sur la formation des personnels qui exercent au sein des services de soins palliatifs.