Replay du vendredi 23 avril 2021

Ecoles : "Le protocole est le même qu'avant les vacances", déplore un syndicat d'enseignants dans le Loiret

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"Il y a toujours une semaine de décalage entre les annonces du ministre et la réalité" estime Laurianne Delaporte, enseignante et secrétaire départementale du SNUIPP 45, invitée de France Bleu Orléans ce vendredi matin, au lendemain des annonces du gouvernement sur la réouverture des écoles.

Laurianne Delaporte, enseignante et secrétaire départementale du syndicat Snuipp
Laurianne Delaporte, enseignante et secrétaire départementale du syndicat Snuipp © Radio France - Anne Oger

"Il y a toujours une semaine de décalage entre les annonces du ministre et la réalité", prévient la secrétaire départementale du SNUIPP 45, le principal syndicat d'enseignants dans le Loiret, au lendemain de la conférence de presse du gouvernement sur la réouverture des écoles. Laurianne Delaporte, invitée de France Bleu Orléans, estime "difficile à croire" le déploiement des tests salivaires dès la semaine prochaine dans les écoles du Loiret. 

Les écoles primaires et maternelles, rouvrent bien lundi comme prévu. Est-ce vraiment logique, raisonnable même, alors que la situation sanitaire est toujours extrêmement tendue ? 

Sur l'école et l'intérêt de l'école pour les élèves, nous, ce que nous disons depuis le début, c'est que l'école est un lieu de socialisation et d'échange et que les apprentissages n'existent qu'à travers ces échanges. Donc, d'un point de vue professionnel, il est essentiel pour les élèves qu'ils puissent être en classe, par contre pas au prix de la santé collective. Et là où nous, on s'inquiète un petit peu, c'est la légèreté avec laquelle le ministère prend les choses en main. Et finalement, le protocole est le même qu'avant les vacances, alors que là, on nous disait qu'il fallait fermer parce que nous étions dans une situation de crise et aucun moyen supplémentaire n'ont pas réellement été mis.  

La fermeture d'une classe dès qu'un élève est positif, est ce que c'est vraiment réalisable?

C'est nécessaire. Là où on avait des difficultés, c'était les échanges avec avec l'ARS, parce qu'ils étaient débordés par le nombre de cas et il y avait en fait un ping-pong entre l'école, l'inspection et l'ARS. A priori, le Ministère, dans une bilatérale que nous avons eu hier, nous indique que ça devrait être plus rapide et plus réactif parce qu'effectivement, il faut protéger au maximum. Après la question, notamment pour les élèves de maternelle qui ne sont pas masqués, c'est qu'il y a peu de tests qui sont faits par les laboratoires parce que les tests PCR sont quand même assez intrusifs et difficiles à supporter pour des enfants de ces âges.

Le gouvernement annonce 400 000 tests salivaires la première semaine, c'est déjà pas mal ?

C'est formidable. On était à 300 000 avant les vacances : on a eu à peu près 3 établissements dans le Loiret qui ont été testés,  en tout cas, à notre connaissance. Cela veut dire qu'on va passer à 4 écoles sur 400.

Vous nous dites qu'il faut faire beaucoup plus de tests salivaires dans les écoles ?

Bien sûr ! alors, on entend qu'il y a des efforts de faits avec l'ARS, qui essaye de déployer les tests dans les écoles où il y aurait des suspicions de contamination, mais ce n'est pas suffisant. 

Les enseignants ne vont pas y échapper à ces tests, mais ce sera là des auto-tests. 64 millions ont été commandés. Là aussi, vous avez besoin d'être testés massivement ?

C'est ce qu'on demande depuis le début. Qu'on puisse au moins savoir où nous en sommes. Par contre, sur le déploiement, on s'interroge. En novembre, on nous a annoncé les tests antigéniques, honnêtement, très peu de collègues les ont vu passer. Les tests salivaires, je vous disais trois écoles avant les vacances ont pu en bénéficier. Même les masques : nous n'en avons que cinq par semaine.

La semaine prochaine, c'est dans trois jours. Est-ce que ces tests seront dans nos écoles la semaine prochaine ? 

Difficile à croire, en tout cas, personne ne nous l'a assuré au niveau départemental. C'est ce  nous annonce le ministère. Mais bon, on attend de voir, comme on attend toujours. En général, il y a toujours une semaine de décalage entre les annonces du ministre et la réalité. 

Pour ce qui est des collèges et des lycées, qui ouvriront leurs portes la semaine suivante : demi jauge pour les lycéens, rentrée normale pour les collégiens, du moins pour le moment dans le Loiret. C'est l'école quoi qu'il en coûte ? 

Dans les classes supérieures, le format hybride, d'après ce que les collègues du second degré nous ont dit, c'est  réalisable. Par contre, il faut qu'il y ait toujours un lien, un temps d'échange et c'est en ça qu'il faut que, même s'ils peuvent pas revenir à %100, que les élèves puissent être en partie présents et continuer à avoir des échanges avec leurs camarades de classe et leurs enseignants.