Replay du mardi 4 mai 2021

Auto-tests dans les collèges et lycées : c'est "irréalisable" avec le protocole actuel pour le SNPDEN 45

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Le protocole pour les auto-tests, qui ne sont pas encore arrivés dans les collèges et lycées du Loiret, est "irréalisable", estime ce mardi matin sur France Bleu Orléans, Stéphane Bolo-Lumbroso, du syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale dans le département.

Les boites d'autotest comportent écouvillons, flacons, capsules et modes d'emploi pour 5 tests à faire chez soi
Les boites d'autotest comportent écouvillons, flacons, capsules et modes d'emploi pour 5 tests à faire chez soi © Radio France - Anne-Natacha Bouillon

Stéphane Bolo-Lumbroso, proviseur du lycée professionnel Paul Gauguin, à Orléans, et secrétaire départemental du syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale dans le Loiret, regrette ce mardi matin que le protocole proposé sur les auto-tests, dans les collèges et les lycées, soit "totalement irréalisable humainement." Invité de France Bleu Orléans, il souligne n'avoir qu'une infirmière scolaire par établissement. 

Au lendemain de la reprise, quels sont les retours que vous avez de la part de vos collègues ?

La rentrée s'est très bien passée, très calmement. Avec une jauge réduite à 50%, vous vous doutez que les couloirs sont clairsemés, tout le monde était impatient, finalement, de se retrouver. Ce n'est pas simple du tout à organisé, demi-jauge, cela s'entend sur l'effectif global de l'établissement. Ça peut être des demi-classes, ou alors seulement une partie de l'établissement qui ne vient pas ou qui vient une semaine sur deux. 

Après quatre semaines sans cours en présentiel, est-ce qu'on arrive déjà à voir ceux qui risquent de décrocher ?

Oui, très clairement. La première semaine d'hybridation, nous avions un décrochage qui était peu important chez les élèves. La semaine de reprise, après les deux semaines de vacances, a été beaucoup plus compliquée avec beaucoup de pertes d'élèves. Des jeunes qui étaient connectés très majoritairement lors de la première semaine de cours à la maison et qui ont beaucoup moins répondu la semaine dernière. Donc il était important de tout reprendre en présentiel. 

On en est au neuvième protocole sanitaire depuis le début de l'épidémie. Vous commencez à prendre le pli ?

On a malheureusement, je dirais bien malheureusement l'habitude. Mais c'est vrai que nous nous souhaitons tous passer au monde d'après. C'est vraiment très compliqué de devoir réadapter sans arrêt nos plans de continuité pédagogique. C'est fatiguant, c'est usant pour tout le monde.

Si on ferme la classe à chaque cas, il faut s'attendre à une explosion des fermetures dans les semaines à venir ?

Je ne suis pas devin, je ne peux pas vous le dire, en tout cas clairement, le durcissement de ce protocole, qui impose l'isolement de toute la classe au premier cas confirmé, fait peser ce risque sur les établissements scolaires. 

Si on ferme des classes et qu'on repasse en en distanciel, là encore, ne risque-t-on de perdre des jeunes ?

Tout à fait, le risque est réel. Le risque est réel, même si entre le premier confinement et le moment qu'on vit, je dirais que l'école s'est fortement adaptée et les enseignants sont bien mieux préparés, et ont développé des outils. Mais le fait d'avoir les élèves à la maison est un vrai problème, surtout face à l'inégalité d'accès aux outils numériques tout simplement.

Eviter les contaminations sur le papier, c'est très bien, encore faut il savoir si les élèves ou les enseignants sont positifs. Les auto-tests qu'on nous avait promis, est-ce qu'ils sont arrivés?

Non, ils ne sont pas arrivés. Nous ne savons pas quand ils arriveront. En tout cas, moi, je ne le sais pas. Aujourd'hui, nous n'avons pas été encore informés sur la date d'arrivée. Les auto-tests, c'est une vraie bonne idée. C'est d'ailleurs ce que nous, chefs d'établissement, nous souhaitions. Par contre, le protocole qui nous est proposé est totalement irréalisable humainement. Quand on voit le nombre de personnes que l'on va devoir mobiliser pour organiser ces auto-tests, ça me semble très compliqué. Nous n'avons qu'une seule infirmière en établissement scolaire, qui est le seul personnel médical. Des études ont été faites : pour un établissement de 1000 élèves, c'est 58 heures par semaine dédiées à la réalisation des auto-tests. C'est irréalisable.

On a vu les appels au blocage des syndicats lycéens, la prise de position des parents d'élèves, des syndicats de profs, pourtant les épreuves du bac sont maintenues. Est ce qu'on peut vraiment les maintenir aujourd'hui ?

Ce qui est certain, c'est qu'elles sont maintenues. Le contexte sanitaire en établissement, pour l'instant, n'est pas si mauvais que ça. Les cas ne sont pas exponentiels. J'ai entendu, comme vous, que toute la bienveillance serait de mise pour ces épreuves du bac. Je pense que il est important que les élèves se confrontent aussi à l'exercice et à l'examen.