Replay du mercredi 28 octobre 2020

Thierry Prazuck, chef du service infectiologie à l'hôpital d'Orléans

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Face à l'aggravation de la situation épidémique, Emmanuel Macron va annoncer, ce mercredi soir, de nouvelles restrictions. L'hypothèse d'un reconfinement national est évoquée car la situation sanitaire se dégrade. Le Loiret n'est pas épargné. Inquiétude à l'hôpital.

Thierry Prazuck, médecin infectiologue au CHR d'Orléans
Thierry Prazuck, médecin infectiologue au CHR d'Orléans - Lydie Lahaix

Plus de 500 décès ont été enregistrés en France ces dernières vingt-quatre heures, plus de 33.000 nouvelles contaminations. Et il y a plus de 3000 malades du Covid 19 en réanimation dans les hôpitaux. 

"La situation s'est dégradée assez brutalement" explique le docteur Thierry Prazuck, chef du service d'infectiologie du centre régional hospitalier d'Orléans, "il y a une dizaine de jours les cas montaient à un niveau identique à celui du mois de septembre, mais depuis jeudi dernier (le 22 octobre) on a franchi une grosse marche avec un afflux de patients qui sont venus dans les hôpitaux".

Situation préoccupante au CHRO

"La situation est inquiétante à l'Hôpital d'Orléans" assure Thierry Prazuck. Une trentaine de patients sont actuellement hospitalisés en réanimation et ils sont une quarantaine dans les services de médecine-maladies infectieuses-pneumologie, "alors qu'ils étaient une quinzaine il y a peu de temps". 

"Les capacités ne sont pas encore complètement saturées, mais que va-t-on faire des patients non-Covid et qui ont besoin de réanimation? Thierry Prazuck le dit, les solutions trouvées lors de la première vague vont se mettre en place et les capacaités de réanimation vont doubler dans les prochains jours.

Vers un reconfinement général ?

L'hypothèse d'un reconfinement national que pourrait annoncer le Chef de l'Etat ce mercredi soir à 20H ? Un reconfinemement plus léger qu'au printemps dernier, avec des écoles qui resteraient ouvertes pour permettre aux parents d'aller travailler pour ne pas aggraver la situation économique.

"Il nous faut quinze jours minimum pour observer d'une part les effets du couvre-feu et d'un confinement" on a vu lors de la première vague au bout de deux semaines, l'impact de l'épidémie commencer à baisser, explique Thierry Prazuck. Pour l'infectiologue orléanais, il faut continuer de protéger les personnes âgées et respecter dans la vie de tous les jours, les gestes-barrières, port du masque, distanciation et lavage régulier de mains.

"On ne veut pas se trouver dans le dépassement possible des structures sanitaires, on ne veut pas se trouver dans une situation d'avoir à choisir entre les malades, ça ce n'est pas possible".