Replay du mercredi 24 mars 2021

Vaccination : "On va encore créer de la frustration" selon Pauline Martin, présidente des maires du Loiret

- Mis à jour le

La maire de Meung sur Loire et présidente de l'association des maires du Loiret, Pauline Martin, donne son avis sur la campagne de vaccination et les récentes annonces d'Emmanuel Macron, concernant l'élargissement des vaccins Pfizer aux plus de 70 ans dès ce samedi. Elle craint de nouveaux couacs.

Pauline Martin, maire de Meung sur Loire et présidente de l'association des maires du Loiret
Pauline Martin, maire de Meung sur Loire et présidente de l'association des maires du Loiret - Mairie de Meung sur Loire

Pauline Martin est maire de Meung sur Loire, conseillère départementale du Loiret, et présidente de l'association des maires du département. Comme tous les élus, et surtout les maires, elle essaie d'organiser au mieux la campagne de vaccination sur son territoire mais se dit prudente sur les annonces d'Emmanuel Macron ce mardi 23 mars dans le Nord. Le Président de la République a promis de vacciner "matin, midi et soir", et d'élargir dès ce samedi la vaccination aux plus de 70 ans. 

Pour vous, cette annonce d'Emmanuel Macron concernant les plus de 70 ans est-elle une bonne nouvelle ?

"On est incontestablement dans la communication. Cela dit, c'est aussi une nécessité. Il y a un principe de réalité que nous appliquons en tout cas dans les collectivités depuis maintenant deux mois. J'en profite pour exprimer une immense reconnaissance pour cette forte mobilisation. Et j'irais même jusqu'à dire ce formidable travail d'équipe au service de la population. Mais l'annonce d'hier va générer encore des frustrations parce que clairement, on nous a annoncé ce lundi que seulement 45% des plus de 75 ans étaient vaccinés. Alors bon, il y a une augmentation de doses cette semaine, donc on peut espérer qu'on va augmenter largement la vaccination. Sauf que nos professionnels de santé qui sont indispensables en la matière ne sont pas corvéables à merci, donc on ne va pas pouvoir accélérer aussi vite qu'il le dit". 

L'assurance maladie va entrer en jeu, appeler les gens qui n'ont pas eu de rendez vous, qui se sont peut-être découragés, mais pour l'instant c'est encore impossible de prendre un rendez vous dans les centres de vaccination du Loiret.

"Oui, ça reste extrêmement saturé. Donc de toute façon, les personnes qui ont entre 70 et 75 ans n'obtiendront pas de rendez vous pour l'instant. J'ose espérer que le vaccinodrome annoncé puisse absorber une bonne partie de cette population-là. Moi, je pense que nos plus de 75 ans, on en a encore pour dix jours, jusqu'à la fin de la semaine prochaine pour avoir fait le tour de ceux, en tout cas, qui souhaitent se faire vacciner. Et puis ensuite, on va pouvoir démarrer sur les 70 ans et plus. Donc, je pense que ça va se réguler. Mais ça va générer incontestablement ce week-end des frustrations, parce que les plus de 70 ans vont se précipiter pour prendre des rendez vous et on ne pourra pas forcément leur donner la solution". 

Justement sur l'ouverture promise d'un vaccinodrome dans le Loiret, un méga-centre à la mi avril, c'est une bonne chose, selon vous ?

"Oui, c'est absolument indispensable. D'abord parce que vous le dites dans vos journaux régulièrement, tout le monde est à saturation de cette crise sanitaire. Donc, effectivement, il faut accélérer et les vaccinodromes vont jouer leur rôle. A condition qu'on ait la structure derrière. On a des bénévoles formidables, on a des professionnels de santé formidables. Mais voilà, aujourd'hui, ils sont mis à contribution très lourdement. Ce vaccinodrome sera logiquement dans la métropole d'Orléans, on attend d'en savoir plus". 

Le centre de vaccination mobile du Loiret va-t-il aller dans des communes plus excentrées, il y a une forte demande des élus ?

"Logistiquement parlant, c'est extrêmement compliqué puisque le centre ne vaccine pas énormément. Alors on va monter, j'espère, en puissance, mais jusqu'à maintenant, on vaccinait moins d'une centaine de personnes par jour. Ça semble difficile d'aller dans d'autres communes et de faire du porte à porte. Mais c'est à la réflexion. Vous savez aussi qu'il y a une circulaire qui demande aux pompiers d'être plus mobilisés sur la vaccination. Alors nous, on a déjà mobilisé les pompiers du département sur ce centre itinérant. Mais je pense que ça va se réguler dans le temps. Mais avant la mi avril, tout ça va être extrêmement difficile. En tout cas, on était partis pour huit semaines avec ce centre itinérant. On s'est engagés à le renouveler pour huit semaines supplémentaires. Mais la cartographie n'est pas encore finalisé".  

Mots clés: