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Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, dans les locaux de France Bleu Armorique
Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, dans les locaux de France Bleu Armorique © Radio France - Laëtitia Cherbonnel

Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région Bretagne évoque la politique agricole

Diffusion du lundi 2 septembre 2019 Durée : 5min

Vous êtes candidat à votre succession à la présidence de la Région ?

Chaque chose en son temps. J'ai effectivement annoncé fin juin dernier qu'un mandat de président de région est un mandat court pour moi. Ca fait un an que je suis présent en poste et bien entendu vu les actions que nous avons engagé, il était naturel que la majorité que je conduis annonce qu'elle souhaite se maintenir à ce poste si les électeurs le décident. 

Vous avez l'appui de Jean Yves Le-Drian, le ministre, ce n'est pas rien. 

S'il quittait ma majorité pour annoncer qu'il soutient quelqu'un d'autre effectivement ce serait un problème. Il est dans ma majorité, il la soutient, c'est tout à fait légitime. 

On parle beaucoup d'environnement avec l’arrêté anti-pesticide du maire de Langouët suspendu... La région a un rôle à jouer dans la réglementation ? 

La région peut d'abord redire qu'elle comprend parfaitement l'expression de nos concitoyens. L'inquiétude, l'attente vis à vis des problématiques de santé et dans tous les domaines. Se nourrir fait parti des sujets qui sont importants pour notre santé. C'est pourquoi on a lancé"le bien manger pour tous" en Bretagne.

Sur ce sujet des pesticides, j'ai indiqué dans une tribune il y a une semaine, sur la méthode la proposition que je fais c'est de travailler sur un contrat avec chacun de nos agriculteurs, pour avancer dans de nouvelles pratiques puisque nous voyons bien qu'il y a des choses sur lesquelles ont doit continuer à avancer. Et le sujet des pesticides chimiques en fait partie.   

Continuer à avancer... On fait comment avec l'agriculture intensive et l'élevage intensif  ? 

Il faut avoir en tête d'accompagner nos agriculteurs à chaque instant dans les transformations de méthodes et il y en a beaucoup qui s'engagent avec des méthodes dites "sans labour" ou avec de nouvelles techniques d'élevages et de culture. D'ailleurs les mesures environnementales et climatiques que nous signons avec eux nous permettent de les accompagner.

Il faut redire aussi à chaque instant, que la souveraineté alimentaire est en cœur du sujet de demain. Parce que moins produire veut dire aussi potentiellement plus importer. Nous savons qu'il y a une baisse de consommations de certains produits. Mais globalement il faut avoir en tête les pratiques agricoles, qu'elles restent dans une dynamique positive et vertueuse. Énormément d'agriculteurs font des efforts, ont transformé leur méthode au cours des dix dernières années. Mais aussi produire de manières importante et intense, parce que nous avons à nourrir les femmes et les hommes et l'autonomie alimentaire reste au cœur des priorités.

Vous répétez "accompagner" ça veut dire subventionner ?

Ça veut dire effectivement dans certains cas subventionner. Nous avons en Bretagne des fonds européens, qui viennent accompagner les agriculteurs. Et nous accompagnons par exemple des transformations pratiques en élevage. Plus d'un tiers des agriculteurs en élevage sont accompagnés par des mesures agri-environnementales et climatiques pour changer certains pratiques. 

En bio, 200 agriculteurs par an sont accompagnés par an. Pendant les trois années de transitions, il convient d'avoir des accompagnements si on veut être en capacité de tenir. Et puis il y a des mesures sur Brest bocage ou sur des techniques sans-labour accompagnés également par la Région.  N'oublions pas après-guerre l'accompagnement publique à consister à leur demander de produire beaucoup pour sortir du manque de rationnement. C'est bien la collectivité tout entière qui leur a demandé de faire des efforts.

Nous sommes dans une nouvelle période où effectivement les sujets de l'environnement et de la santé sont revenus au cœur parce que la science et les connaissances ont avancé. Il y a de nouvelles attentes vis à vis des agriculteurs mais une grande partie d'entre eux ont déjà fait des efforts énormes. Tout en ayant en tête qu'il va falloir continuer. La Bretagne est fière de ces agriculteurs, nous continuerons de les accompagner.