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Aujourd'hui, les agriculteurs ne vivent plus exclusivement de leur activité principale selon une étude récente de l'INSEE (illustration)
Aujourd'hui, les agriculteurs ne vivent plus exclusivement de leur activité principale selon une étude récente de l'INSEE (illustration) © Radio France - Jacky Page

L'agri-bashing est-il une réalité ?

Diffusion du jeudi 2 mai 2019 Durée : 4min

Le Ministre de l'Agriculture Didier Guillaume vient de lancer un observatoire de l'agri-bashing.  L'idée c'est de recenser les actes de malveillance envers les agriculteurs. "Je ne suis pas sûr que cet observatoire soit une bonne chose car cela risque de faire croire aux agriculteurs qu'ils sont l'objets d'agressions récurrentes, partout, et ce n'est heureusement pas le cas", estime Rémi Mer auteur du livre "Dans la tête d'un jeune agriculteur".

C'est en tout cas "un thème de campagne, les organisations agricoles, FNSEA en tête, en ont fait un des thèmes majeurs de campagne électorale pour les élections Chambres d'agriculture. Et ça semble avoir marché. En se positionnant ainsi d’emblée comme victime (de qui ? et pourquoi ?), le monde agricole cherche à s’attirer les sympathies de l’opinion publique comme des médias."

D'ailleurs y a-t-il une recrudescence du dénigrement des agriculteurs ? "Je ne sais pas s'il y en a plus qu'avant, ça mériterait d'être étudié. La difficulté c'est que les agriculteurs cumulent des conflits de voisinage et des exigences en terme de qualité des consommateurs. "L'ensemble des agriculteurs et les jeunes s'installent dans le cadre de tensions locales (exemple Carantec). Les vegans, c'est 1% de la population, les végétariens 3 ou 4 %. Ca veut dire que beaucoup de monde mange de la viande, même moins, et reste attaché à l'élevage, notamment".

Comment y remédier ? "Une des pistes est de mieux communiquer. Il n'y a pas de la part de notre société une volonté d'agri-bashing systématique. Quand on ouvre les portes des fermes, on prouve au contraire que les gens qui viennent sont très heureux de le faire. Il y a un besoin de la société de comprendre, d'échanger, au contraire".