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L'invité du matin

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"On paye 50.000 temps pleins qui font 32 ou 33 heures au lieu de 35 heures " : Agnès Verdier-Molinié

Diffusion du jeudi 9 mai 2019 Durée : 6min

Agnès Verdier-Molinié, directrice de l'IFRAP (Fondation pour la Recherche sur les Administrations) est l'auteur du livre "Les fonctionnaires contre l'Etat". Elle était l'invitée de France Bleu Paris à 08h15.

Agnès Verdier-Molinié estime qu'aujourd'hui "_il y a l'idée de ne rien bouger dans l'organisation de nos administrations sur le statut_, sur le contrat, les externalisations, les réorganisations alors qu'on a un besoin criant de moderniser notre gestion publique. On a aussi un besoin criant d'augmenter le temps de travail de nos agents notamment dans les collectivités locales et même au niveau de l'Etat car vous le savez il y a énormément d'administrations publiques qui n'appliquent pas les 35 heures réellement". 

Elle explique que "les contribuables contribuent à payer des temps pleins qui ne sont pas effectifs". Elle dit comprendre que les "_syndicats soient remontés parce qu'on va leur faire appliquer les 35 heures pour la première fois.._." mais cela va permettre aux finances publiques d'être mieux équilibrées.

Elle affirme que dans les collectivités locales par exemple "on paye _50.000 temps pleins qui ne sont pas effectifs parce qu'on applique plutôt les 32 heures, les 33 heures que les 35 heures.._.".   

Elle indique que "nous, on a aujourd'hui 17% de contractuels en France déjà". Dans les hôpitaux, dans les collectivités locales, les services tournent grâce à des contractuels qui sont extrêmement dévoués aux missions publiques, dit-elle.

Elle indique que dans le texte de loi, seules les petites communes pourront uniquement recruter des contractuels parce qu'elles ont du mal à recruter des statutaires.

Elle estime que dire aujourd'hui que le statut serait entièrement mis à mal par ce texte, c'est faux. Elle affirme que ce texte ne va pas dû tout aussi loin que les autres pays européens   

L'abandon de la suppression des 120.000 postes de fonctionnaires : un aveu d'impuissance du Président Macron ?

Elle pense que c'est surtout l'aveu que l'objectif n'a pas été suivi dès le début du quinquennat. Selon elle, cela aurait du se faire dès l'arrivée au pouvoir. Il y a eu trop peu de suppressions de postes les deux premières années donc l'objectif des 120.000 postes en moins est presque inatteignable, assure-t-elle.

Elle souhaiterait savoir quel est le nouvel objectif du Gouvernement car avec les départs en retraite qui ne seront pas remplacés, le nombre de fonctionnaires va diminuer.