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L'invité du matin

Clémentine Autain
Clémentine Autain © Radio France - Martine Bréson

VIDEO - Clémentine Autain : "Aujourd'hui des élus de tous bords joignent leurs forces pour taper du poing sur la table"

Diffusion du vendredi 5 octobre 2018 Durée : 5min

La députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, était l'invitée de France Bleu Paris à 8h15. Regardez son interview à la fin de cet article.

Des Assises pour l'égalité républicaine pour la Seine-Saint-Denis sont organisées ce vendredi. Il s'agit d'un rassemblement d'élus, de personnalités et de représentants du département de la Seine-Saint-Denis. 

"On a décidé de joindre nos forces aujourd'hui parce qu'un rapport parlementaire a été remis avant l'été... qui met l'accent sur la pauvreté du département et le besoin plus fort d'investissements de la part de l'Etat", explique Clémentine Autain.

Selon elle, l'Etat donne moins pour la justice, l'éducation, la police que dans les autres départements. 

"Nous avons une situation d'inégalité chronique, structurelle. Le gouvernement Macron n'a pas la responsabilité de cette situation... parce que c'est une forme d'héritage..."  

Les Assises servent à ce que le rapport sur les inégalités et la pauvreté de la Seine-Saint-Denis ne "termine pas dans la poussière sur une étagère", précise la députée. 

"En tant qu'élu, nous avons décidé d'enclencher un processus donc aujourd'hui, il y a une première étape qui permettra de présenter le rapport, qui permettra de discuter...

Nous avons vu le premier ministre la semaine dernière, dit-elle. 

"Les élus demandent l'arrivée d'outils d'évaluation de la réalité de la situation en Seine-Saint-Denis. Ils demandent aussi un plan de rattrapage dans la durée qui permette de rétablir une situation d'équité vis à vis des autres départements".

Malgré une rentrée qui s'est plutôt bien passée et l'arrivée de 17 magistrats en plus, Clémentine Autain estime que ce n'est pas suffisant. 

Elle explique qu'en Seine-Saint-Denis, 37% des enseignants ne restent que deux ans dans leur établissement.

Côté justice : pour divorcer par consentement, dit-elle, à Paris il faut deux mois, en Seine-Saint-Denis, il faut 18 mois. 

A Sevran, précise-t-elle, une ville de 50.000 habitants, il n'y a pas de commissariat de plein exercice. 

Elle explique aussi "qu'ils ne demandent pas de dispositifs particuliers mais à minima d'avoir la même chose qu'ailleurs".

La situation est révoltante, scandaleuse, dit-elle mais "des gens pensent que l'Etat a donné beaucoup en Seine-Saint-Denis mais là, ce dont on se rend compte, c'est que l'Etat a donné moins qu'ailleurs".

Des élus socialistes attaquent l'Etat pour "rupture d'égalité "? 

"On n'a pas été associé pour cette démarche mais pourquoi pas", réagit Clémentine Autain qui ajoute "mais aujourd'hui c'est le Premier ministre qui a les cartes en main et qui doit prendre des solutions sonnantes et trébuchantes". 

la députée a conclu en lançant un appel aux citoyens de Seine-Saint-Denis "La clé sera dans la mobilisation citoyenne", dit-elle. Elle pense que les associations qui sont très nombreuses dans le département devraient se mobiliser.

Regardez l'interview de Clémentine Autain :