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L'invité du matin

Radar dégradé au Mesnil-le-Roi.
Radar dégradé au Mesnil-le-Roi. © Maxppp - OLIVIER BOITET

La baisse de la vitesse à 80km/h fait "perdre une seconde par kilomètre" en général : Emmanuel Barbe

Diffusion du mardi 29 janvier 2019 Durée : 5min

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, était l'invité de France Bleu Paris à 08h15. Il est venu commenter les derniers chiffres de la sécurité routière.

Il y a de moins en moins de morts sur les routes françaises. Le chiffre en 2018 n'a jamais été aussi bas : 116 morts en moins. 

Faut-il faire le lien avec la baisse de la vitesse à 80km/h ? 

Selon Emmanuel Barbe "il y a un lien mathématique qui a été démontré dans le monde entier (occidental) sur un réseau similaire entre la baisse des vitesses moyennes qui est pratiquée sur un réseau et le nombre de morts".

Il indique que, non seulement sur le réseau concerné par les 80 km/h, on constate une baisse de la vitesse mais aussi une chute du nombre de morts. Et il remarque que quand les radars commencent à être fortement dégradés la courbe cesse de baisser et remonte, donc "la corrélation est tout à fait évidente et pas du tout surprenante", conclut Emmanuel Barbe.

Encore beaucoup d'idées reçues sur la baisse de la vitesse

Il indique aussi que, contrairement à l'idée reçue qui veut que les 80km/h font perdre beaucoup de temps, les études montrent qu'en réalité cette baisse de la vitesse fait seulement perdre une seconde par kilomètre sur de nombreux itinéraires et que même "sur certains itinéraires journaliers, on gagne du temps".

Sans radars la mesure est moins efficace

Pour le délégué interministériel à la Sécurité routière, on peut avoir un débat sur le 80km/h "mais qu'on ne commence pas à être sur l'idée que ces données seraient fausses, ce n'est pas crédible, ce n'est pas sérieux".

Emmanuel Barbe estime que si le nombre de morts évités est plus bas que celui qui avait été espéré par le Premier ministre au moment du lancement des 80km/h c'est à cause de la destruction des radars, sans compter la mise en place de la mesure qui a débuté seulement au 1er juillet 2018. "On aurait dû être à 176 morts en moins sur une demi-année", dit-il.

Les destructeurs de radars montrés du doigt

Emmanuel Barbe pense que la destruction massive des radars va amener en 2019 une hausse du nombre de morts sur les routes. 

"Des fois cela m'empêche de dormir, je me dis c'est quand même navrant qu'on ait pu s'en prendre aux radars, c'est du bien public, c'est de l'argent public... là on peut démontrer que quand on enlève des radars on a des morts en plus donc on a fait la preuve par le sang, par la mort, de l'utilité des radars. Moi je dis que ceux qui détruisent les radars ont une responsabilité de sang... j'espère que collectivement on va se ressaisir..." réagit le délégué interministériel qui ajoute que ceux qui dégradent sont peu nombreux.