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L'invité du matin

Place de la Concorde à Paris samedi 1er décembre 2018.
Place de la Concorde à Paris samedi 1er décembre 2018. © Maxppp - Jan Schmidt-Whitley/Le Pictorium

Gilets jaunes - La restauration de l'état d'urgence : une demande de Frédéric Lagache du syndicat de police Alliance

Diffusion du mardi 4 décembre 2018 Durée : 5min

Stanislas Godon, secrétaire national du Syndicat de police Alliance était l'invité de France Bleu Paris à 08h15. Il espère que le ministère de l'Intérieur va mobiliser plus d'effectifs pour sécuriser les prochaines manifestations et il souhaiterait un renfort de l'armée.

Les policiers vont être reçus au ministère de l'Intérieur ce mardi. Stanislas Godon espère avoir quelques annonces, des avancées sur "comment on va s'organiser pour la révision de la doctrine du maintien de l'ordre et puis la question des effectifs de CRS notamment".

Pour Stanislas Godon , plus d'effectifs "ce serait déjà un geste fort parce que ça nous permettrait sur le terrain de nous engager d'un point de vue opérationnel sans mettre en danger les effectifs parce que quand vous êtes à trois sections au lieu de quatre sections, c'est plus compliqué de rétablir l'ordre public surtout quand on a, face à nous, des hordes d'individus qui n'hésitent pas à essayer de tuer du policier".

Il rappelle que le syndicat avait demandé la restauration de l'état d'urgence parce que "ça donne des pouvoirs au préfet", précise le secrétaire national d'Alliance, "et ça peut être une décision extrêmement rapide prise en conseil des ministres".

Il indique que "concernant l'armée, nous on avait demandé le renfort sur les points statiques pour soulager les forces de sécurité, et notamment les forces mobiles, les engager sur le maintien de l'ordre, leur cœur de métier".

Sur les manifestations et les rassemblements, il explique que "nous on préfère quand les manifestations sont déclarées avec des personnes, des interlocuteurs désignés, surtout avec un service d'ordre interne qui évidemment se coordonne avec les forces de police. Pour nous, c'est nettement plus simple de travailler comme ça plutôt que d'avoir des rassemblements sporadiques un peu partout et notamment sur le territoire national parce qu'il ne faut pas oublier qu'il y a Paris, mais qu'il y a aussi beaucoup d'incidents notamment en province..lorsqu'une préfecture brûle on peut s'en inquiéter également".

A propos d'une éventuelle nouvelle manifestation sur les Champs-Elysées, le secrétaire national d'Alliance estime qu'il faut "que chacun fasse un pas l'un vers l'autre et que surtout on ne se retrouve pas encore une fois avec un espace très très important où on va se retrouver avec des forces mobiles qui vont être fatiguées...". Il raconte que, samedi dernier, des CRS qui sécurisaient des bâtiments sensibles s'interrogeaient parce qu'ils entendaient qu'il y avait des affrontements ailleurs alors qu'eux étaient immobiles. Pas question pour autant ajoute-t-il de ne pas sécuriser l'Elysée, l'Assemblée nationale ou le Sénat mais il faut peut-être repenser l'organisation. 

Sur une éventuelle bavure montrée sur une vidéo où on voit des policiers frapper un homme à terre, Stanislas Godon affirme que "dans la police nationale il n'y a pas d'impunité par contre on peut peut-être parler aussi ce qui s'est passé notamment lors des premières comparutions immédiates parce que pour l'instant le message de fermeté du ministère de la justice n'est pas tout à fait celui qu'on a entendu hier." Il ajoute que "les collègues qui seraient accusés ou identifiés comme ayant fait une faute professionnelle sont lourdement sanctionnés et ça tout le monde le sait".