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L'invité du matin

Ian Brossat
Ian Brossat © Radio France - Martine Bréson

VIDEO "Il faut être sans pitié face à des gens qui profitent de la misère humaine " : Ian Brossat, adjoint au logement

Diffusion du jeudi 25 octobre 2018 Durée : 7min

Ian Brossat, adjoint chargé du logement à la mairie de Paris et candidat communiste aux élections européennes, était l'invité de France Bleu Paris à 08h15. Regardez son interview à la fin de cet article.

Face à la multiplication des bagarres très violentes à Paris, Ian Brossat se dit "inquiet". Il indique que depuis deux ans il y a eu "250 rixes". Il estime que pour que les choses changent "il faut que tout le monde se mobilise, la ville de Paris mais aussi la justice et la police... On ne s'en sortira que par plus de prévention et plus de sanctions et par un soutien aux familles. Ce qu'on a besoin aujourd'hui, c'est de permettre à un certain nombre de familles de restaurer leur autorité vis à vis de leurs enfants". Il rappelle que plusieurs décisions ont été prises comme un signalement systématique aux services sociaux.

La maire du 16e ne veut pas de centre d'hébergement dans son arrondissement 

La maire du 16e arrondissement proteste contre l’installation de 300 migrants dans une caserne de son arrondissement. Ian Brossat indique que les personnes hébergées dans cette caserne vide sont "pour la plupart des réfugiés qui ont obtenu le droit d'asile et d'autres qui sont des demandeurs d'asile." Il affirme qu'il assume totalement cette décision et il pense "qu'on ne peut pas accepter que tous nos centres d'hébergement soient systématiquement situés dans les quartiers populaires." Il indique aussi que, ce jeudi, 100 logement sociaux sont inaugurés dans le 16e arrondissement qui compte 6% de logements sociaux "c'est dire si nous avons du retard à rattraper".

On vit mieux quand on vit mélangé" - Ian Brossat

Il pense qu'il faut poser la question de manière très simple : "Est-ce qu'on considère qu'on vit mieux si on vit mélangé où est-ce qu'on considère qu'on vit mieux si chacun est de son côté, si on a d'un côté les _ghettos de pauvres et de l'autre des ghettos de riches_. Moi je suis convaincu d'une chose, c'est qu'on vit mieux quand on se mélange".

Le communautarisme n'est acceptable dans aucun cas" - Ian Brossat

L'adjoint chargé du logement montre du doigt la maire du 16e qui proteste contre l'arrivée des logements sociaux qui vont "casser le 16e) Il détaille les professions des gens qui vont habiter ces logements : aide soignante, un chauffeur de taxi, une ouvrière couture, un mécanicien, un facteur, une coiffeuse, un cuisinier. Ian Brossat qualifie la maire du 16e, qui critique l'implantation de ces logements sociaux,"de totalement arriérée".  

"On a à faire à des gens qui tremblent comme une feuille parce qu'on va installer dans leur quartier des gens qui participent à la vie de Paris comme n'importe quel autre habitant et ont aussi le droit d'habiter dans le 16e. On nous parle souvent du communautarisme qui sévit dans les quartiers populaires mais de quoi s'agit-il là? C'est le communautarisme d'un certain nombre de populations très riches, très friquées qui veulent se prémunir contre toutes formes de mixité sociale... le communautarisme, il n'est acceptable dans aucun cas, pas plus quand ça vient des riches que quand ça vient des quartiers populaires".

Sur l'arrivée des migrants, Ian Brossat est d'accord pour une réunion publique. "Moi je suis toujours favorable à ce que l'on puisse discuter". Une réunion de concertation est prévue pour le 12 novembre 2018. Il rappelle que le projet date d'une année et indique qu'il ne souhaite pas que tous les centres d'hébergement soient concentrés dans les quartiers populaires. Il affirme que quand des centres d'hébergement sont installés dans ces quartiers aisés "il n'y a pas de problèmes au final". 

Nos impôts n'ont pas vocation à engraisser des salauds"- Ian Brossat

La police et la justice s'attaquent aux marchands de sommeil. "Il y a une volonté politique générale aujourd'hui de s'attaquer aux marchands de sommeil. Nous avons obtenu grâce à la récente loi sur le logement la possibilité de confisquer les biens sans indemnisations. Nos impôts n'ont pas vocation à engraisser des salauds qui se comportent comme des marchands de sommeil... la ville de Paris, systématiquement, demandera en cas de marchand de sommeil la confiscation sans indemnisation. 

Regardez l'interview de Ian Brossat :