Replay du jeudi 8 avril 2021

VIDEO - "On meurt mal en France" : Jacques Maire, député des Hauts-de-Seine

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Jacques Maire, député LREM des Hauts-de-Seine, était l'invité de France Bleu Paris à 8h15 pour parler de l'assistance en fin de vie. "Il ne s'agit pas d'accélérer la mort des personnes" précise le député qui défend la possibilité de choisir sa fin de vie en étant accompagné. Regardez son interview.

Jacques Maire
Jacques Maire © Radio France - Soizic Bour

Jacques Maire, député LREM des Hauts-de-Seine, soutient, avec 162 députés, la proposition de loi qui vise à garantir et à renforcer les droits des personnes en fin de vie. Il regrette que 3.000 amendements contre cette proposition aient été déposés principalement par des députés LR. 

"C'est un déni de démocratie. Quand on n'est pas d'accord avec la majorité, on fait en sorte de bloquer le processus, ce n'est pas acceptable. C'est une obstruction. C'est indigne. On peut ne pas être d'accord la démocratie, c'est de se faire battre quand on est minoritaire, ce n'est pas bloquer le processus.  Maintenant ce que j'attends c'est qu'on puisse aller jusqu'au bout de ce débat, qu'on en voit la teneur et l'importance pour les Français".

Le député se souvient de la fin de vie de son père 

Jacques Maire a vécu la situation personnellement. Il raconte comment il était démuni face à son père en phase terminale, qui souffrait et qui demandait de l'aide. 

"Je l'ai plusieurs fois entendu m'appeler le matin à 4h30 en disant : "Je ne veux pas passer une journée supplémentaire". Il explique qu'il ne pouvait rien faire ni rien dire à son père qui est décédé au bout de quatre jours.

Renforcer les soins palliatifs et permettre une assistance à la fin de vie

"On n'oppose pas, dit-il, les soins palliatifs et l'assistance à la fin de vie. Les soins palliatifs permettent de donner à la personne un moyen de survivre dans de bonnes conditions mais il y a des moments où ça ne suffit pas... Il y a des cas où il n'y a pas d'autres horizons qu'une souffrance indescriptible."

"En France on meurt mal"- Jacques Maire

"Il ne s'agit pas d'accélérer la mort d'une personne qui n'en veut pas" , précise Jacques maire. "Ce qui est proposé c'est très simple, c'est la possibilité pour la personne , sans aucune obligation, quand elle est en phase terminale et dans une agonie très très forte, de pouvoir demander une assistance"

"Aujourd'hui, dit-il, les médecins ont un droit de véto. Demain s'il y a une demande, trois médecins se réunissent et prennent une décision s'ils voient que la personne est majeure, en état d'autonomie mentale et  si la maladie est terminale et les souffrances insupportables. Dans ces cas-là, les médecins doivent dire oui et on trouvera quelqu'un, un médecin, un soignant, qui est d'accord".

"C'est aussi important pour ceux qui restent"

Depuis le début de cette crise sanitaire, le député a constaté la grande solitude des personnes âgées qui meurent dans les EHPAD.  

"Si on sait qu'on est en train de partir, le fait de pouvoir le dire, l'annoncer, le préparer et assister la personne de façon collective c'est pas du tout le même départ... Il s'agit de faire en sorte que cet accompagnement, dans les derniers instants, soit maîtrisé et qu'il puisse être organisé. C'est important pour ceux qui partent mais c'est aussi très important pour ceux qui restent", affirme-t-il.