Replay du vendredi 30 avril 2021

Déconfinement - "C'est un calendrier ambitieux mais crédible" : Martin Blachier, épidémiologiste

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Martin Blachier, épidémiologiste, était l'invité de France Bleu Paris à 8h15. Il a fait le point sur la situation et il a expliqué pourquoi, selon lui, le calendrier de déconfinement, qui est proposé, est plutôt bon.

Le calendrier pour le déconfinement est crédible selon l'épidémiologiste, Martin Blachier
Le calendrier pour le déconfinement est crédible selon l'épidémiologiste, Martin Blachier © Radio France - Stéphanie Berlu

La situation reste critique mais elle s'améliore sur tous les indicateurs qu'on a, estime l'épidémiologiste Martin Blachier, invité de France Bleu Paris à 8h15. Les services commencent doucement à se vider, constate-t-il.  

On s'attend tous à une réelle amélioration dans les semaines qui viennent due à deux phénomènes : l'arrivée des beaux jours car on sait qu'il y a un phénomène saisonnier qui est assez fort qui arrive entre la mi-mai et la mi-juin, et aussi la montée en charge de la vaccination, dit-il. "On aura aussi vacciné une majorité de la population vulnérable et ça aussi, ça nous soulagera".  

Est-ce-que ça va trop vite ?  

C'est un calendrier ambitieux, analyse l'épidémiologiste, mais crédible par rapport aux hypothèses sur l'évolution de la situation. Il pense que c'est le scénario le plus probable sur ce qui va se passer. 

Il rappelle qu'il y a deux parties dans ce calendrier de déconfinement. "Le 3 mai, c'est une étape "safe" car on n'ouvre pas les lieux de contamination. Le 9 juin, on ouvre les bars, les restaurants en intérieur, on ramène les gens au travail, il y a une vraie prise de risque mais une prise de risque contrôlée à cause de la vaccination et de l'effet estival". Il souligne que l'été le risque de contamination diminue de 30 à 40%. 

Doit-on s'attendre à un quatrième vague ?  

Le fait qu'il y ait ou pas une reprise à l'automne dépend de la vaccination de cet été, explique Martin Blachier. "Pour l'instant on ne peut rien dire. Cela dépend de notre capacité à vacciner 80% à 90% de la population. C'est entre nos mains".  

Doit-on avoir peur du variant indien ? 

Selon l'épidémiologiste, pour l'instant, le vaccin fonctionne assez bien sur le variant indien. Selon lui, ce qui se passe en Inde est dû au comportement et aux grandes fêtes qui ont eu lieu dans un contexte ou les Indiens avec cette stratégie "zéro Covid" se croyaient débarrassés du virus. 

"Mais pas du tout, dès qu'ils se sont relâchés cela a créé un vague monumentale qui a fait émerger un variant".   L'hypothèse comme quoi le variant a déclenché cette vague n'est  pas crédible, indique Martin Blachier. "La présence de ce variant indien en France ne va pas nous mettre dans la même situation que l'Inde". 

L'Ile-de-France mauvaise élève ? 

L'Ile-de-France, comme toutes les grandes métropoles, fait partie des endroits en France, avec une densité de population forte et de la précarité, où le taux d'incidence est le plus élevé mais maintenant, dit-il, avec le vaccin et la météo, il est très probable que même en Seine-Saint-Denis, on puisse se déconfiner et enchaîner les étapes de déconfinement.  

Ce n'est pas sûr, conclut l'épidémiologiste, mais cela reste le scénario le plus probable.