Replay du mercredi 30 juin 2021

"Il faut axer le programme sur l'arrêt de la drogue" : Fréderic Francelle du collectif 19 des riverains d'Eole

- Mis à jour le

Frédéric Francelle, porte-parole du Collectif 19 Riverains des Jardins d'Eole était l'invité de France Bleu Paris à 8h15. Les toxicomanes vont être évacués de ce jardin mais, pour le collectif, cela ne suffit pas. Il ne faut pas simplement les déplacer, il faut aussi les prendre en charge.

Les riverains du jardin d'Eole n'en peuvent plus
Les riverains du jardin d'Eole n'en peuvent plus © Maxppp - Vincent Isore

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a assuré que ce mercredi, "il n'y aura plus de toxicomanes dans le jardin" d'Eole, réitérant son engagement de rendre aux habitants, d'ici à la fin juin, ce parc du nord-est parisien. La friche Ordener Poissonnier a été évoquée pour accueillir ces personnes.

La maire de Paris a aussi parlé de structures multiples intégrées à des centres de soin notamment psychiatriques et psychologiques avec un hébergement, en complément  de la lutte contre le trafic.

Frédéric Francelle, porte-parole du Collectif 19 Riverain des Jardins d'Eole était en direct sur France Bleu Paris à 8h15 pour réagir. Il habite tout près du jardin su lequel il a une vue plongeante. 

L'évacuation annoncée du jardin est un soulagement pour le collectif

Si Frédéric Francelle se réjouit de cette évacuation, il souhaiterait savoir ce qui est prévu après. "Ce qui nous inquiète ce sont les dispositifs qui vont être mis en place pour les orienter vers des lieux où ils vont être soignés parce que, pour nous, c'est ça qui est le plus important, c'est que ces personnes qui sont des  toxicomanes soient considérées vraiment comme des malades. Il faudrait vraiment mettre en place des solutions pour les soigner pour pouvoir ensuite, une fois qu'ils seront sevrés, essayer de les soigner psychologiquement et essayer de les réinsérer dans la société car, le but du jeu, j'espère, ce n'est pas de la part de la mairie et des pouvoirs publics de les laisser mourir dans les rues".

La mairie ne dit pas où vont être accueillis les toxicomanes 

Où vont être accueillis ces toxicomanes évacués du jardin Eole? Frédéric Francelle affirme qu'au cours de la dernière réunion avec la mairie, la question a été posée mais qu'elle n'a pas obtenu de réponse. Le collectif craint qu'on déplace le problème sans le régler en les mettant tout simplement ailleurs.

Il constate qu'à chaque fois qu'on déplace le problème le nombre de toxicomanes augmente parce que "les dealers se débrouillent pour trouver de nouveaux consommateurs dans le nouveau quartier donc il faut arrêter de les déplacer de quartier en quartier et il faut les déplacer vers des structures hospitalières, je dirais, pour qu'ils soient soignés".

Pour le collectif, les salles de shoot ne sont pas une bonne solution

"Qui dit salle de consommation, affirme Frédéric Francelle, dit produit à consommer et donc dealers. Pour nous les dealers il faut les arrêter, ce sont des gens qui vendent de la mort et il ne faut vraiment pas qu'ils continuent à circuler dans les rues. Toutes salles de consommation entraînent forcément un deal autour car il faut que le produit soit consommé donc il faut qu'il soit disponible à un endroit ou à un autre".

Pour lui, la salle de shoot, c'est bien en soi, cela permet aux toxicomanes de venir et d'être pris en charge, mais il faudrait vraiment axer le programme sur l'arrêt de la drogue. "Les accompagner pour qu'ils consomment pourquoi pas mais par contre, il faut les accompagner pour qu'ils arrêtent de consommer pas pour qu'ils consomment à moindre risque", ajoute t-il. 

Un référent crack ne suffit pas affirme Frédéric Francelle

Frédéric Francelle n'est pas contre un référent crack mais il souhaite surtout des structures spécifiques "parce que c'est une toxicomanie qui est spécifique, c'est vraiment un produit extrêmement addictif pour lequel il n'y a pas de substituts et il faut que ces personnes soient encadrées et je dirais encadrer fermement. Cela veut dire que s'ils rentrent dans un hôpital ou une structure quelles quelle soit, il faut qu'elle soit fermée parce qu'ils ont tendance à s'échapper et à repartir pour essayer de consommer du crack tout de suite et on retombe dans l'enfer".