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L'invité du matin

Hervé Ossant
Hervé Ossant © Radio France - Martine Bréson

VIDEO - Hervé Ossant (CGT) : "Je pense qu'on est plus productif quand on travaille moins"

Diffusion du mardi 29 novembre 2016 Durée : 7min

Hervé Ossant, secrétaire général de l'Union locale CGT de Seine-Saint-Denis, était l'invité de France Bleu à 8h10. Il a donné son point de vue sur le programme économique de François Fillon et il a réagi aux licenciements annoncés à Airbus.

Hervé Ossant était l'invité de France Bleu à 8h10. Le secrétaire général de l'Union locale CGT de Seine-Saint-Denis a donné son point de vue sur la politique économique proposée par François Fillon. Il a aussi évoqué la situation d'Airbus qui a ses carnets de commandes pleins mais qui va licencier.

Regardez l'interview d'Hervé Ossant à la fin de cet article.

A retenir

François Fillon à la télévision

"Il est dans les pas malheureusement de ses prédécesseurs qui, depuis trente ans, nous servent des recettes libérales qui ne marchent pas".

Vos inquiétudes?

"La suppression de l'ISF : on voit bien qu'on est un peu dans cette idée de que l'on appelle la théorie du ruissellement c'est à dire que les plus riches vont réinvestir dans l'économie ce qui est complètement faux malheureusement ou ... que les profits d'aujourd'hui seront les emplois de demain, malheureusement ça ne fonctionne pas... c'est de la poudre aux yeux".

La relance de la croissance ?

La croissance peut être relancée par ...par exemple la réduction du temps de travail. Il propose de passer aux 39h payées 35 ... on était déjà à un remplacement sur deux.... maintenant c'est carrément plus de remplacement du tout... ça veut dire qu'on ne va pas embaucher, ça veut dire que la jeunesse va regarder les trains passer".

"La réduction du temps de travail, c'est la tendance historique dans notre pays et elle a fait les preuves d'ailleurs de son efficacité. Les lois Aubry par exemple ont créé 350.000 emplois nets à l'époque et ça c'est un fait connu".

Réduire le temps de travail sans toucher aux salaires est-ce-que c'est possible aujourd’hui ?

"Tous les ans, il y a 220 milliards d'euros en terme d'aides, de niches fiscales, d’exonérations, qui sont donnés aux entreprises. C'est 10% de notre produit intérieur brut... au nom de l'emploi. Ça fait plus de trente ans que ça dure. Quel est le résultat : on a plus de 6 millions de chômeurs, 8 à 9 millions sous le seuil de pauvreté dans notre pays donc on voit bien que ce sont des recettes qui ne fonctionnent pas ... J'ai envie de dire que les assistés ce ne sont pas ceux qui touchent les minimas sociaux ou qui sont au chômage. Les assistés, c'est le patronat... Il faut arrêter et réorienter ces sommes vers l'emploi".

Peut-on arriver au plein emploi et comment ?

"On peut arriver au plein emploi... il faut qu'on anticipe. Par exemple la révolution numérique, tout le monde le dit, d'ici 5 ans, 6 ans , c'est trois à quatre millions d’emplois qui vont être supprimés... nous nous proposons de venir aux 32 heures, c'est une estimation à 4 millions d'emplois... et en plus, on est le pays où les salariés, par heure travaillée, sont les plus productifs au monde... je pense qu'on est plus productif quand on travaille moins".

Airbus

"C'est un plan d'économie et il faut quand même savoir que c'est une entreprise qui a des carnets de commandes extrêmement pleins... et c'est une entreprise qui se permet de licencier.... Il y a beaucoup d'argent public qui est donné aux entreprises, si c'est pour licencier, ça ne peut pas marcher comme ça.... Il faut des outils pour pouvoir évaluer ce qui est fait... il n'y a aucun contrôle sur cet argent public et de ce point de vue-là , l'argent est donné soit pour rétribuer les actionnaires... "

"C'est la philosophie de la loi travail : une entreprise pensant qu'elle va peut-être avoir des difficultés, mais elle n'en a pas actuellement, va pouvoir licencier.."

Regardez l'interview d'Hervé Ossant :