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L'invité du matin

"On est dans une radicalisation d'un phénomène et d'un mouvement" : Laetitia Avia
"On est dans une radicalisation d'un phénomène et d'un mouvement" : Laetitia Avia © Maxppp - Christophe Petit Tesson

"Il va falloir trouver des solutions concrètes pour chacun des territoires" : Laeticia Avia, députée LREM

Diffusion du lundi 3 décembre 2018 Durée : 11min

Laetitia Avia, députée LREM 8e circonscription de Paris, était l'invitée de France Bleu Paris à 08h15. Regardez son interview dans cet article.

La députée constate "qu'on est dans une radicalisation d'un phénomène et d'un mouvement."

Elle rappelle que "le gouvernement et le président de la République ont proposé trois mois de concertation... pour trouver des solutions". Elle indique que pour l'instant personne n'a voulu saisir cette main tendue et qu'il va falloir trouver des solutions concrètes pour chacun des territoires.

"On a eu ce week-end une réaction extrêmement violente". Pour elle cette situation pose la question de savoir qui sont les Gilets jaunes. Est-ce-que ce sont des personnes en détresse ou qui soutiennent ceux qui sont en détresse ou est-ce-que ce sont des personnes qui ne croient plus à notre démocratie, s'interroge la députée.

"Vous ne m'entendrez jamais parler d'échec parce que je peux vous dire qu'on est à l'oeuvre. Je peux vous dire "que moi ça fait à peine deux ans que je suis engagée en politique, que je viens d'une famille populaire, que je crois en notre "méritocratie" républicaine, je crois en la capacité de chacun de sortir de sa condition si l'Etat est là en effet pour lui en donner les moyens. Et c'est ce sur quoi nous travaillons depuis le début : donner à chacun les mêmes chances".

Aujourd'hui 72% soutiennent les Gilets jaunes (sondage Harris interactive) et 90% estiment que le gouvernement n'a pas été à la hauteur des événements ?

"Ce que j'entend beaucoup , dit-elle, c'est que depuis 30 ans, 40 ans , ils ont l'impression de ne pas être entendus... ce n'est pas le rejet de ce qui a été fait ces 18 derniers mois, non, c'est que _ce qui a été fait durant ces 18 derniers mois ne va pas assez vite et ça je l’entends.._. il y a une urgence quand on arrive pas à boucler ces fins de mois et ça j'entends qu'il va peut-être accélérer les choses, il va falloir trouver peut-être plus de solutions mais on ne peut pas dire qu'on a rien fait durant 18 mois et surtout que nous ne représentons pas nous non plus ces Français parce que nous connaissons ces situations parce que nous les avons vécues".

Elle indique que les fins de mois difficiles elle les a vécues, sa famille les a vécues et les vit encore et que jamais "elle ne balayera ça d'un revers de la main"

Réunir les chefs de partis et de la majorité est-ce-que c'est la bonne solution ?

Elle dénonce les "propos outranciers des différentes oppositions qui, elles, pouvaient presque se réjouir de ces scènes de violences qui sont hautement condamnables et notamment autour de l'Arc de triomphe ou ces voitures complètement incendiées, et il y a notre démocratie. Et je pense que lorsqu'on est dans un moment de crise comme celui-là, le respect de notre démocratie c'est l'un des remparts les plus importants. Chacun des élus représentent les Français... donc c'est important que les élus, les chefs de partis soient autour du Premier ministre dans ce moment de concertation".

Qu'est-ce-qui pourrait arrêter les blocages ?

"Il va falloir continuer d'écouter. Ce que j'entends c'est que les Français n'ont pas l'impression d'être considérés depuis bien longtemps. Ils veulent être écoutés pleinement et qu'ensuite nous trouvions des solutions..."

Les augmentations de janvier vont-elles être annulées ?

"Si on fait de la politique autrement on ne s'amuse pas à donner juste une mesure phare à considérer qu'elle fera écran de fumée, qu'elle apaisera tout le monde durant quelques mois parce qu'on sait très bien que cela n'apaisera pas la situation pour le fond, ça ne réglera pas la situation de fond. Donc moi ce que je veux c'est proposer des solutions réelles, profondes, qui vont permettre à chacun de vraiment vivre plus dignement et cela peut demander un peu plus de temps notamment ces trois mois de concertation mais pour que ça change réellement la vie des gens".

Le ministre de l'Intérieur a-t-il été à la hauteur de la tâche samedi ?

"On ne va pas pouvoir protéger chacune des rues de Paris", répond Laetitia Avia, "et c'était aussi une question de responsabilité des Gilets jaunes que de se rendre vers des lieux qui leur ont été dédiés... ce qu'on a vu ce week-end ce sont des comportements qui sont hors-la-loi".

Macron démission ? 

C'est un slogan que la députée ne peut pas entendre. "Emmanuel Macron président de la République et nous l'ensemble des députés nous avons été élus pour transformer le pays, pour réformer et pour apporter plus de dignité dans la vie de chacun. _Nous quitterons hémicycle lorsque nous aurons accompli cette mission_". 

Les questions des auditeurs 

Pascal : "Moi je suis contre les Gilets jaunes". Il pense que ce sont les Gilets jaunes qui s'associent au casseurs, des gilets jaunes qui viennent de province sur Paris pour en profiter et mettre le chaos. Il voudrait qu'on interdise les Gilets jaunes dans Paris. 

Laetitia Avia : "Des personnes sont venues semer la terreur et j'ai vu des responsables politiques appeler ça une mobilisation pacifique, ce n'est pas digne de notre République". Pour les prochains week-end, on ne va pas répéter les choses, c'est certain. Des mesures vont être prises , dit-elle, "pour assurer encore plus la sécurité de nos citoyens et nous y travaillons".
 

Hélène commerçante à Paris dans le 16e arrondissement souhaiterait que le président parle.

Laetitia Avia : elle répond que certains ont voulu s'attaquer au Paris doré mais ont oublié que les commerçants ont eux aussi du mal à boucler leur fin de mois et qu'ils ont eux aussi une famille à soutenir. Elle indique que le président s'est déjà exprimé deux fois et "_qu'on ne peut pas nous dire d'un côté qu'on ne veut plus d'une information descendante et d'un tout pouvoir de l'Etat et à côté de ça refuser lorsqu’on propose que les solutions émanent du terrain, du citoyen_. Alors on dit au citoyen, organisez-vous, formulez des idées et travaillons ensemble"

Eric de Colombe : il souhaite que les députés quittent l'hémicycle et aillent dans leur région respective après avoir recensé les points de blocage et récupérer directement les doléances des gens pour pouvoir les remonter dans un débat dans l'hémicycle. Il a peur que les jeunes des banlieues sortent leurs armes et qu'on se retrouve dans une guerre civile.

Laetitia Avia : elle précise que ce dialogue entre le député et le citoyen a lieu tous les jours. Des réunions ont lieu avec les Gilets jaunes dans les circonscriptions. Elle affirme aussi que contrairement à ce que certains pensent, quand on jette deux ou trois pierres à des CRS, on est casseur. 

Frédérique de la Celle Saint Morin : il est Gilet jaune et il veut que le gouvernement lâche quelque chose pour les retraités. 

Laetitia Avia : elle précise que le Premier ministre va proposer des mesures pour assouplir la CSG mais elle ajoute que les demandes des Gilets jaunes sont tellement diverses que répondre à l'une d'elles ne satisferait pas d'autres Gilets jaunes qui demandent autre chose.