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L'invité du matin

Patrice Bessac
Patrice Bessac © Radio France - Martine Bréson

"Nous ne pouvons pas nous laisser saigner dans le silence" : Patrice Bessac, maire (PCF) de Montreuil

Diffusion du jeudi 16 novembre 2017 Durée : 8min

Patrice Bessac, le maire communiste de Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) était l'invité de France Bleu Paris à 8h15. A quatre jours du centième Congrès des maires de France, il a livré le sentiment des maires de banlieue.

Le maire (PCF) de Montreuil indique que tous les services de la mairie de Montreuil-sous-Bois sont fermés jeudi pour protester contre les réformes d'Emmanuel Macron. "Ce n'est pas de gaieté de cœur que j'ai pris cette décision, nous avons fait le choix de fermer les services publics de manière à attirer l'attention de nos concitoyens et du président de la République sur les dangers qui pèsent aujourd'hui sur les communes".

Le maire rappelle que, sous la présidence de François Hollande, sa commune a perdu "28 millions d'euros... aujourd'hui, on nous promet 30 à 33 millions d'euros de moins pour une commune comme Montreuil".

"On coupe les vivres à ceux qui assurent la cantine des gamins, les écoles, les crèches, l'investissement public, j'ai envie de renvoyer la balle à l'Etat. On demande toujours plus aux maires et on ne demande pas grand-chose finalement aux responsables publics nationaux, à un moment donné ça craque". "Il faut, à un moment donné, qu'on entende les maires... Moi j'espère qu'il va y avoir un réveil des maires. On parle de décentralisation mais la décentralisation sans moyens, ce n'est que du vent."

Si Patrice Bessac salue le déplacement d'Emmanuel Macron en banlieue, il remarque qu'il n'y a pas eu "d'annonces chiffrées concrètes à l'échelle des banlieues et des villes de France et donc moi, je reste sur ma faim".

Pour Patrice Bessac il ne faut pas "chercher à tout prix des mesures exceptionnelles. Le problème de nos quartiers, c'est que le droit commun, l'égalité républicaine reviennent dans nos quartiers".

Le maire de Montreuil indique qu'on envoie les profs les plus jeunes dans les quartiers difficiles. Il demande que ce soit "les enseignants les plus qualifiés qui soient envoyés en Seine-Saint-Denis et dans les quartiers qui en ont besoin et aujourd'hui c'est le contraire".