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L'invité du matin

Sandrine Gélot, maire de Longjumeau.
Sandrine Gélot, maire de Longjumeau. © Radio France - Martine Bréson

La mainmise des trafiquants sur les quartiers "ça flingue toute notre jeunesse" : Sandrine Gélot, maire de Longjumeau

Diffusion du mercredi 7 novembre 2018 Durée : 6min

Sandrine Gélot, maire de Longjumeau (Essonne), était l'invitée de France Bleu Paris à 08h15. Regardez son interview à la fin de cet article.

Les habitants de Longjumeau doivent faire face aux dealers et leur quotidien est un enfer. Ils ont raconté leur vie jour après jour à Valentin Dunate, journaliste à France Bleu Paris. 

La maire de Longjumeau réagit : "Entendre ces habitants qui témoignent encore de la terreur dans laquelle ils vivent c'est très pénible parce que il est difficile pour nous, pour moi, de leur expliquer tous les efforts qui sont fournis et qui pour autant ne changent pas grand-chose à leur quotidien".

Des mesures ont été prises, explique Sandrine Gélot

La maire explique que suite à son coup de gueule et à son interpellation du Premier ministre, il y a eu au niveau local une réorganisation de la police, la constitution d'un groupe spécialisé dans les stupéfiants de trois policiers, la constitution d'une BAC de jour. Le nombre d'enquêtes a été multiplié par quatre. La ville a mis la priorité sur la thématique de la sécurité avec une brigade de nuit de policiers municipaux ce qui permet qu'il y ait plus d'interpellations. Le nombre de caméra a été doublé sur la ville. 

Des dealers de plus en plus violents

"Mais voilà, reconnait la maire, ces trafiquants sont toujours présents, ils sont de plus en plus violents... Il faut rajouter des policiers". Elle explique que si la violence est plus forte c'est parce que les trafiquants n'aiment pas qu'on dérange leur trafic mais dit-elle "c'est pas pour autant qu'on va lâcher, je le dis très clairement... on ne va pas baisser les bras... Nous ce qu'on demande c'est plus de policier sur l'Essonne et en Grande couronne".

Il faut rajouter des policiers

En Essonne, il y a un policier pour 588 habitants, en Seine-Saint-Denis c'est un policier pour 350 habitants, la maire de Longjumeau souhaiterait pour sa ville entre 5 et 10 policiers supplémentaires "pour qu'ils puissent faire un travail qui leur permette de sortir la tête de l'eau car aujourd'hui ils font un travail extraordinaire... mais à force ils vont s'essouffler ...".

La maire estime qu'il faut aussi parler de la réponse pénale "nos policiers ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent, ils peuvent interpeller ... mais malgré tout la difficulté aussi c'est peut-être cette ordonnance de 45 sur les mineurs, la pénalisation, il faut la faire évoluer". 

Délocaliser les jeunes délinquants 

Aujourd’hui, affirme la maire, pour les troubles qui sont constatés ce sont des mineurs qui sont la plupart du temps en cause. "Je ne dis pas qu'il faut les envoyer en prison, précise-t-elle, "je pense qu'il faut créer plus d'unités pour les délocaliser , pour les sortir  de ce milieu où on a l'impression qu'ils n'ont pas d'autres issues que de baigner dans le trafic". 

La maire est inquiète car dit-elle "ça flingue toute notre jeunesse à venir" qui sont pris par ces trafiquants qui leur proposent de l'argent facile, pour juste prévenir quand la police arrive et ensuite c'est une escalade dans le trafic, la vente et intégrer le réseau.  

Elle indique qu'elle se pose la question de la légalisation du cannabis mais elle pense que c'est d'abord la réponse pénale qui doit s'adapter et le nombre de policiers qui doit être plus important en Essonne.  

Regardez l'interview de la maire de Longjumeau :