Replay du jeudi 26 novembre 2015

Bertrand Delanoë sur France Bleu 107.1 : "J'ai beaucoup d'admiration pour le comportement des Parisiens"

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Pour la première fois depuis le 13 novembre, Bertrand Delanoë s'exprime à un micro. Interrogé par Noé da Silva, l'ancien maire de Paris raconte qu'il a été "suffoqué" en apprenant qu'il y avait eu des attentats. Il confie aussi son admiration pour le comportement des Parisiens.

Bertrand Delanoë dans le studio de France Bleu 107.1 (illustration)
Bertrand Delanoë dans le studio de France Bleu 107.1 (illustration) © Radio France - Martine Bréson

A part un court texte publié lundi 23 novembre 2015 sur Facebook, Bertrand Delanoë n'avait répondu à aucune interview radio ou télé depuis les attentats commis à Paris et autour du Stade de France. 

Au micro de France Bleu 107.1, l'ancien maire de Paris a accepté de revenir d'abord sur sa réaction juste après les attaques :"Quand je l'ai appris, j'étais suffoqué et en même temps nous savions que quelque chose pouvait se produire. Depuis les attentats de janvier dernier, tout le monde disait que cela pouvait se reproduire. (...) Et tout de suite, en même temps qu'il y a l'immense peine qui nous envahit, il y a eu la détermination, la volonté farouche de combattre et de vaincre. De ce point de vue là, je me suis senti bien avec le comportement des Parisiens qui ont été, à la fois très humains, très solidaires et très généreux. Vous n'avez pas entendu de mots de haine, de comportements de rejet de l'autre. "

Nous avons une détermination très froide à ne pas nous laisser abattre et à vivre

"J'ai eu beaucoup d'admiration pour le comportement des Parisiens dans cette épreuve. Ils ont montré qu'ils étaient très forts et très beaux. Il faut l'être aussi dans la vie quotidienne. Nous sommes engagés dans un combat qui nous est livré par des barbares qui veulent mettre à bas nos valeurs et nous avons une détermination très froide à ne pas nous laisser abattre et à vivre. (...) Ce qui fait Paris, c'est à dire son rapport à la culture, son rapport au monde, son rapport à la l'humanisme, aux droits de l'homme, ne mourra jamais."

L'ancien maire de Paris, né à Bizerte en Tunisie est aussi revenu sur le nouvel attentat qui a frappé Tunis : "Vous savez, quand il y a eu les attentats du 13 novembre, j'ai eu beaucoup de témoignages d'amis tunisiens qui sentaient que ce qui se passait à Paris les concernait profondément. Et maintenant c'est à Tunis que cela s'est passé. Cela prouve que nous sommes, nous les démocrates , dans la même épreuve mais aussi dans la même espérance. Nous avons tous, Tunisiens et Français, la même détermination à faire triompher un modèle de société dans lequel une certaine conception de la dignité humaine s'imposera."

Nous avons une devise qui parle au monde

Interrogé pour savoir ce qu'il pensait de la demande du chef de l'Etat d'afficher le drapeau français aux fenêtres ce vendredi, Bertrand Delanoë répond : "Que François Hollande propose d'affirmer cet attachement à la République, à ses valeurs, à la France, c'est une très bonne idée. Depuis la Libération de Paris, il n' y a pas eu de moments où le monde avait autant brandi les couleurs nationales françaises et scandé la devise de la République "Liberté, Égalité, Fraternité". Nous avons une devise qui a beaucoup de sens et elle parle au monde. Et le monde entier a eu envie de vibrer à l'écho de ces valeurs-là et ça m'a beaucoup ému. Quand le président des États-Unis dit en français "Liberté, Égalité, Fraternité" dès le 13 novembre au soir, je pense que ça a beaucoup de forces. Et donc que nous portions ces couleurs, ces valeurs, dans l'hommage aux victimes, me semble tout à fait pertinent."