Replay du lundi 28 décembre 2020

La carte blanche d'Alain Manac'h : Que c'est dur de faire passer un projet associatif en mairie...

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La carte blanche est délivrée à Alain Manac'h en ce 28 décembre, habitant de La Villeneuve, qui connait bien la vie de quartier.

© Getty

Une carte blanche en forme de ras-le-bol pour Alain Manac'h en ce lundi 28 décembre. Notre habitant de La Villeneuve s'insurge des lenteurs administratives pour faire passer un projet culturel en mairie.

La première difficulté c’est d’attirer l’attention de la puissance publique sur votre idée, votre projet, et donc votre conviction. Vous participez à des réunions de « concertation », vous développez par exemple l’idée que ce n’est peut-être pas impossible d’imaginer autre chose que de démolir des appartements de qualité pour rendre ce quartier attractif… On notera votre remarque. Évidemment classée « sans suite ». Et vous penserez alors que pour être entendu il faudra agir autrement ! Et sans doute hors des espaces de concertations prévus qui ne sont peut-être pas adaptés. 

 Autre exemple, dans ces mêmes réunions de concertation vous développez l’idée qu’il ne faut pas détruire la piscine et plutôt l’aménager pour en faire un lieu de bien être…. On vous écoutera gentiment. On l’inscrira sur un post it de couleur… verte par exemple, comme l’espoir…  on classera le post it dans la rubrique « idées » Et vous ne saurez pas ou vont ces « idées » ni si elles sont entendues, reprises, et je ne dis même pas :  prises en compte.

Alors comme vous êtes têtus, vous réunissez des personnes, des associations du quartier que vous savez en accord avec votre idée, et vous travaillez. Vous affinez votre projet. Vous en définissez les objectifs, les contours. Vous échangez. Vous n’êtes ni architectes, ni urbanistes, ni sociologues, ni experts de quoi que ce soit. Mais on ne pourra jamais vous empêcher d’être « expert de votre propre vie », et que vous « savez » entre guillemet ce qui est bon pour vous et pour ce quartier. Vous êtes une bonne vingtaine autour de la table à travailler régulièrement pendant six mois un an. Et à un moment vous vous dites on a besoin d’experts. Alors vous faite des demandes de subvention pour que ces associations puissent embaucher ces experts… et là vous vous essuyer un refus catégorique. « Pas question » dit la puissance publique. Curieux quand on se targue de participation des habitants qu’on refuse aussi fermement de donner les moyens aux habitants d’une expertise autonome. Alors vous trouvez un ou une jeune architecte qui croit au projet et qui avance, bénévolement avec vous. 

Vient le moment où il faut faire connaitre votre projet car vous estimez à raison qu’il est bon, perfectible, mais bon. Donc grâce au talent et à la conviction de ces jeunes architectes vous répondez à des appels à projets. Vous vous débrouillez sur les fonds propres de vos associations pour payer les photocopies et quelques autres nécessités.

 Et vous êtes logiquement retoqués une fois, deux fois, trois fois. Mais et c’est là qu’il se passe quelques choses d’inattendu… : La puissance publique dit un jour : votre projet est intéressant !

Alain Manac'h

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