Replay du jeudi 6 mai 2021

Philippe Gonnet: L'Europe ne s'est pas faite en 70 ans

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Comment faire vivre la démocratie en Europe?

drapeau européen
drapeau européen © Getty - Daniel Day

Philippe Gonnet, journaliste, revient sur la Journée de l'Europe (ce dimanche 9 mai) et sur une visioconférence sur le thème Comment faire vivre la démocratie en Europe ? qui se tiendra ce lundi à 18h30 (organisée par les sections Isère, Rhône, Loire, Haute-Loire et Auvergne du Mouvement Européen).

La construction européenne, cela consiste à faire ensemble ce qu’on ne peut plus faire seuls. Et on délègue à l’Union des parcelles de souveraineté pour avoir tous ensemble plus de souveraineté.

Prenons l'exemple de Thomas Pesquet, dont nos compatriotes aiment à suivre les exploits. Un spationaute français qui poursuit sa nouvelle mission au sein de la Station spatiale internationale, l’ISS. Rappelons juste que l’Agence spatiale européenne n’est qu’un des cinq partenaires de cette station internationale, et que la France n’a jamais eu les moyens d’envoyer un homme dans l’espace – pas plus que l’Allemagne, ou l’Italie, ou l’Espagne.

Comment faire vivre la démocratie en Europe ? 

L’Europe est aujourd’hui à tournant: elle s'est endettée pour essayer de nous sortir de la crise, mais elle est loin d'avoir tout réussi dans la gestion de la crise sanitaire; Rappelons que la santé – comme le social – est une compétence que les Etats ont voulu jalousement conserver, et que l’Union est actuellement en train d’innover, d’expérimenter.

L’Europe est à un tournant parce qu’elle s’est construite sur le « plus jamais ça » à partir de 1950, après « la guerre de 31 ans » (1914-1945) comme l’appellent les Sud-Américains.

Si nous sommes une puissance économique et surtout culturelle incontestables – regardez simplement combien de pays américains, africains ou asiatiques, parlent une langue européenne, l’anglais, l’espagnol et le français –  l’Europe n’est pas, loin s’en faut, une puissance politique.

L’Europe, c’est quel numéro de téléphone ? 

"L'Europe, c'est quel numéro de téléphone?" aimait à plaisanter Henry Kissinger sous la présidence de Richard Nixon, au tout début des années 70. 

Force est de reconnaître que si les choses ont évolué – nous avons avec l’euro la deuxième monnaie de réserve du monde, qui représente aujourd’hui 20% de ces réserves mondiales –, l’Europe n’est toujours pas incarnée.

Et si son Parlement gagne en pouvoir, on est encore loin du compte par rapport à la Commission européenne et, surtout, au Conseil européen, dont le caractère intergouvernemental prive justement les institutions européennes d’une vision communautaire à long terme…

Du temps de Jacques Delors, la méthode communautaire a permis des pas de géant.

Aujourd’hui, l’intergouvernemental a repris la main – trop à mon goût… – et la solution, les solutions viendront du Parlement.

Encore faudrait-il qu’on puisse l’élire avec des listes transnationales, encore faudrait-il que les citoyens européens puissent être consultés par voie référendaire sur les grandes questions européennes, selon le principe de la double majorité – une majorité de citoyens et une majorité d’Etats…

Là où je suis optimiste, c’est que 70 ans, c’est très, très court au regard du temps très, très long de l’Histoire.

L’empire romain a duré des siècles, l’ancien régime aussi…

Que sont 70 ans par rapport à ces millénaires ?

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