fin de l'âge d'or pour les drives ?

drive fermier

Émission 

L'âge de raison pour les drives ces nouveaux supermarchés où l'on vient chercher les courses commandées sur internet. La formule a connu un énorme succès ces dernières années. Mais le développement commence déjà à ralentir

     2013 a encore été une excellente année pour les drives, dix ans après la création du premier Chronodrive dans le Nord à Marcq-en-Baroeul. L'an dernier leur chiffre d'affaires a augmenté de 50 % pour dépasser les 3 milliards d'euros . Une croissance à faire pâlir tous les autres secteurs de la consommation. En moins de deux ans, le nombre de drives est passé de 700 à presque trois mille dans l'hexagone. Et ils représentent maintenant presque 4 % du marché de la distribution, contre 0,7 % en 2011. En ce début d'année c'est le seul circuit qui gagne des parts de marché. D'ici à la fin 2015 il pourrait représenter entre 6 et 8 % du marché, selon l'étude du cabinet Kantar Panel. A ce rythme-là il dépassera bientôt le commerce alimentaire de proximité.

     Aujourd'hui, une famille sur quatre utilise un drive pour faire ses courses. 3 millions de consommateurs y vont 10 fois par an et dépensent là presque un quart de leur budget . Mais l'augmentation du chiffre d'affaires des drives s'explique surtout par les ouvertures de nouveaux sites qui ont été très nombreuses ces trois dernières années. Et surtout les drives ont du mal à recruter de nouveaux clients . Ce format perd autant de clients qu'il en gagne. Dans certaines zones, il y a beaucoup, voire trop de drives et les derniers arrivés ont été moins performants que les premiers : le délai pour récupérer ses courses s'est allongé, il y a eu des erreurs dans le traitement des commandes, des produits en rupture de stocks etc... autant de raisons qui ont découragé les clients qui ne cherchent que le gain de temps.

     Ce qui explique que les distributeurs s'interrogent maintenant sur le drive Mais ce n'est pas la seule raison. Pour tous les clients le drive c'est un service gratuit , offert par une enseigne mais pour le magasin, ce service a un coût , de personnel mais aussi de logistique. Un coût qu'il ne peut pas répercuter pour le moment. Or la rentabilité des drives est minime. Ce qui explique que maintenant on ne voit presque plus de création ex nihilo de drives, ils sont accolés à des magasins. Et quelques sites ont déjà fermés.

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