Hausse des prix des produits laitiers ?

Hausse des prix des produits laitiers ?

Émission 

Contrairement à une idée reçue, la grande distribution ne gagne pas à tous les coups contre les producteurs. En tout cas dans le cas du lait, elle a du consentir des hausses de tarifs, qui risquent d’entraîner des hausses de prix pour les consommateurs

     Le prix du lait c'est un des volets des négociations qu'entame chaque année la grande distribution avec ses différents fournisseurs. En ce qui concerne le lait la négociation est d'autant plus difficile qu'il n'y a pas deux mais trois négociateurs , les enseignes, les producteurs mais aussi l'industrie agro alimentaire qui transforme la matière première en yaourts, fromages et autres produits laitiers. Quand les producteurs de lait réclament une augmentation, traditionnellement la grande distribution refuse en expliquant qu'elle a des chances de se transformer non pas en hausse des prix aux producteurs mais en marge bénéficiaire pour la grande distribution.

     Mais finalement ils sont arrivés à un accord.  La fédération des producteurs de lait demandait 380 euros pour une tonne de lait, contre 340 euros aujourd'hui . S'appuyant sur le fait que la demande pour le lait, mais aussi pour le beurre et le fromage ne cesse d'augmenter, notamment en Asie. Ce qui fait monter les prix sur le marché mondial. Les distributeurs avaient donc le choix : soit accepter l'augmentation soit risquer de voir le lait français partir à l'exportation en encore plus grande quantité qu'aujourd'hui. Ils ont donc plié face aux producteurs qui ont bénéficié aussi du soutien d'un poids lourd de la distribution, le groupe Système U.

     Cette hausse tombe bien pour les producteurs, car l'an dernier leurs prix ont certes été revalorisés mais pas assez pour compenser la hausse de leurs coûts. L'aliment du bétail a notamment flambé ces dernières années sur les marchés mondiaux. Autre raison qui a peut être pesé dans la balance : aujourd'hui la moitié des producteurs de lait a plus de cinquante cinq ans et va donc partir en retraite dans les années qui viennent. Il est donc important que le métier soit toujours attractif pour les plus jeunes. Il y va de la pérénité des 78 000 fermes laitières françaises .

     Mais cela va coûter cher aux consommateurs ...   L'an dernier, les distributeurs n'avaient pas répercuté les hausses de prix sur les consommateurs. Cette année, le surcoût est estimé à 500 millions d'euros et les enseignes ne comptent pas à priori en faire cadeau . Cela devrait se traduire par des hausses comprises entre 2,5 et 3 %. Que les distributeurs répartiront comme cela les arrange.

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