Le "fait maison" ne fait pas l'unanimité

Le "fait maison" ne fait pas l'unanimité

Émission 

Les pouvoirs publics mettent la dernière main au décret sur le fait maison qui figurera début juillet sur les plats servis dans les restaurants. Il s'agit pour les consommateurs de pouvoir faire la différence entre les plats du chef et ceux qui sont fabriqués par les industriels et juste réchauffés ou assemblés avant d'être servis. Mais la différence n'est pas assi radicale qu'on pourrait le penser

     On se souvient que ce sont quelques grands chefs étoilés qui les premiers ont demandé que leur travail puisse être officiellement différencié de la cuisine industrielle. Depuis l'idée a fait son chemin et elle est devenu une loi qui définit le fait maison. En fait, le fait maison concernera tous les plats transformés dans le restaurant à partir d'ingrédients bruts, qu'ils soient frais ou surgelés . Mais il y a quelques exceptions. Ces éléments pourront avoir été lavés, découpés, hachés, ou desossés ailleurs. C'est là que le bât blesse. Certains restaurateurs estiment qu'avec cette très large définition du fait maison, certains sandwiches servis dans la restauration rapide pourront se prévaloir de l'étiquette sensée valoriser un travail artisanal ...

     En revanche la mention sera obligatoire et non pas facultative. Les restaurants devront indiquer en toutes lettres fait maison au dessus du nom des plats qui mériteront cette appellation. Si la mention ne figure pas sur la carte, ils seront d'abord rappelés à la loi dans un premier temps. Ils auront alors entre trois et six mois pour se mettre en règle. Ensuite ils risquent une amende. L'idée officiellement c'est de pousser les restaurateurs à cuisiner eux même et à proposer plus de plats fait maison à leurs clients . Ce qui risque de les conduire à raccourcir leur carte. En fait cette loi ne fait pas l'unanimité loin de là.  Certains professionnels notamment soulignent que les pouvoirs publics ont fait les choses à l'envers . Au lieu de créer un label Fait à la maison avec toutes les imperfections qu'on vient de signaler, ils auraient mieux fait de créer un label plat industriel. Car les contrôleurs de la répression des fraudes vont uniquement s'intéresser aux chefs qui font la cuisine eux mêmes et ce pour débusquer le moindre élément qui n'aurait pas dû être incorporé au plat.. Les contraintes vont donc peser sur ceux qui s'efforcent de servir une cuisine maison, alors que tous ceux qui réchauffent des préparations industrielles seront eux tranquilles.

 

par Dominique Esway

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