Toutes les émissions

La minute conso

© Fotolia

415 millions d'euros d'économies à faire sur les pièces détachées automobiles

Diffusion du jeudi 7 mars 2019 Durée : 2min

Pour redonner un peu de pouvoir d'achat aux citoyens, le gouvernement envisage de faire baisser le prix des pièces automobiles. Le sujet est sur la table depuis .... plus de vingt ans

C'est très exactement le 13 octobre 1998 que l'Union européenne adoptait la directive Eurodesign qui protège le droit des dessins et des modèles pour tous les produits y compris bien sûr pour le secteur automobile. L'objectif étant de protéger contre la contrefaçon et les copies. Jusque-là rien à dire. Mais on a alors pensé que cela empêcherait de produire des pièces automobiles pour réparer les voitures. Une clause de réparation a alors été mise au point pour permettre de refaire une pièce pour réparer mais comme les Européens n'ont pas réussi à se mettre d'accord, il a été décidé que cette ouverture serait décidée à l'échelle de chaque pays...    

Et depuis en France, rien n'a été fait ...

 Contrairement à douze pays qui ont libéralisé ce marché, à commencer par les pays voisins de la France, Belgique, Espagne, Italie et Luxembourg. En France, l'autorité de la concurrence a remis le couvert en 2012. Elle constate alors qu'il y a un monopole sur environ 70 % du marché des pièces visibles, et demande donc au gouvernement d'ouvrir ce marché à la concurrence, de façon à faire baisser les prix pour les consommateurs. On en a alors reparlé au moment de la loi Hamon sur la consommation en 2014, puis de la loi Macron sur l'économie en 2016. Et l'an dernier quand le scandale Carleaks a éclaté, montrant que Renault et PSA s'étaient entendus pour augmenter de 15 % le prix de leurs pièces détachées au détriment des consommateurs. Sans faire bouger le dossier pour autant.  

Les pièces sont beaucoup plus chères en  France 

C'est ce qu'a constaté et régulièrement dénoncé l'UFC Que Choisir. Au début de l'année l'association a publié sa contribution au grand débat, au nom des consommateurs. Parmi ses propositions pour libérer 9 milliards d'euros de pouvoir d'achat, la libéralisation du marché des pièces détachées.... Qui permettrait aux consommateurs d'économiser 415 millions d'euros par an. En plus du coût des pièces lui-même, un prix élevé se répercute aussi sur les primes d'assurances qui tiennent compte du coût des réparations des voitures. En moyenne, on dépense 500 euros par an en remplacement de pièces détachées pour sa voiture.  

Dominique Esway