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La minute conso

Flixbus a aussi lancé la première ligne de car électrique
Flixbus a aussi lancé la première ligne de car électrique © Maxppp - Chen Yichen

Comment Flixbus est devenu n°1 en trois ans en France

Diffusion du lundi 23 avril 2018 Durée : 3min

Depuis le début de la grève à la SNCF les cars Macron ont vu les réservations s'envoler. Et parmi les compagnies qui se sont imposées en France depuis l'ouverture du marché à la concurrence une start up allemande devenue grande Flixbus. C'est la saga de la Minute conso cette semaine

Flixbus c'est l'histoire d'une start up allemande qui se lance sur le marché du transport par car après l'ouverture des lignes ferroviaire à la concurrence, en 2013. Et qui est ensuite partie à la conquête des voyageurs européens. Elle se hisse très vite à la place de numéro un en Allemagne et commence à s'implanter dans les autres pays à partir de 2015. En France alors qu'elle exploite déjà des lignes internationales, elle ouvre sa première ligne nationale entre Paris et Clermont-Ferrand en août 2015, au lendemain même de la publication au journal officiel de la loi Macron qui libéralise le transport en bus longue distance. En juillet 2016 Flixbus rachète coup sur coup tout le réseau de lignes continentales du britannique Megabus et l'Allemand Postbus, une compagnie de bus appartenant à la poste allemande...   

Mais ce n'est pas une compagnie d'autocar classique 

Non c'est une plate forme internet qui organise des trajets, planifie le réseau, organise le marketing, vend des places, et gère le service client. Mais elle ne possède pas de bus et n'emploie donc pas de chauffeur. Pour la partie voyage à proprement parler elle fait appel à des PME locales, qu'elle appelle des partenaires. Charge à elles de respecter le cahier des charges, qui offre notamment le wifi pendant le trajet, et de repeindre leurs cars aux couleurs de la marque. Des cars qui sillonnent toute l'Europe, de la Scandinavie à l'Espagne et de l'Angleterre aux pays de l'Est. Et Flixbus ne compte pas s'arrêter là. L'entreprise vient d'ouvrir un bureau en Californie, à Los Angeles.    

Et c'est rentable ? 

C'est là que le bât blesse. En deux ans d'exercice en Allemagne Flixbus est devenu rentable. Mais de ce côté-ci du Rhin, elle continue à perdre de l'argent. Elle a pourtant transporté plus de 5 millions de passagers en France l'an dernier pour un chiffre d'affaires estimé à 80 millions d'euros. Ce qui fait d'elle le numéro un avec plus de 40 % du marché, devant Ouibus la filiale de la SNCF et Isilines une filiale du groupe Transdev qui appartient à la Caisse des dépôts. Deux rivaux qui eux aussi perdent de l'argent dans cette activité mais qui sont soutenus par leurs maisons mères, des entreprises publiques. Autre difficulté dont se plaint Flixbus en France : ses cars verts n'ont pas les mêmes droits que ceux de Ouibus qui peuvent accéder à des gares routières situés sur les emprises de la SNCF. Ce qui ne freine pas ses projets d'expansion. Elle veut 230 villes dans les mois qui viennent contre 180 aujourd'hui.