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De moins en moins d'oeufs de poules élevées en cage dans les supermarchés

Par le mardi 24 janvier 2017
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Les uns après les autres les distributeurs renoncent aux oeufs de poule élevées en cage.
Les uns après les autres les distributeurs renoncent aux oeufs de poule élevées en cage.

D'ici trois ans, on ne trouvera plus d'oeufs venant de poules élevées en batteries chez Intermarché ou Netto. C'est l'engagement pris par le groupe Les Mousquetaires

Cette décision concerne les œufs que les magasins vendent sous leur propre marque. Mais d'ici à 2025, il compte bien bannir aussi les œufs des poules élevées en cage de tous ses fournisseurs. Les Mousquetaires c'est le troisième groupe de distribution en France. Il vend chaque année 750 millions d’œufs ce qui représente 15 % du total. Il n'est pas le premier à prendre cette décision. Avant lui, Carrefour qui est le numéro un en France avait aussi décidé de ne plus commercialiser ces œufs qu'on reconnaît parce qu'ils sont marqués numéro 3 sur la coquille. Carrefour vend un milliard d’œufs par an. Lidl, Aldi, Super U et Atac ont pris la même résolution. Chez Monoprix, on est passé à l'acte depuis avril dernier.

Des œufs il y en a aussi dans les plats cuisinés et à la cantine...

Là aussi les industriels renoncent aux œufs de poule élevées en cage. A commencer par les trois grands de la restauration collective Sodexo, Compass et Elior. Comme les grandes chaînes hotelières. Marriot et Hilton ont déjà franchi le pas. Le Français Accor ne servira plus d’œufs de poules élevées en cage d'ici trois ans dans ses hotels Sofitel, Novotel Mercure et Ibis. Et Lesieur, Amora, Lu Barrila et le fabricant de biscuits Saint Michel ont eux aussi renoncé à utiliser ce type d’œufs dans leurs produits...

Tout cela va dans le bon sens

Sans aucun doute. Sauf que les producteurs vont avoir du mal à suivre cette nouvelle demande. En France, il y a 47 millions de poules pondeuses et 68 % d'entre elles sont élevées en cage. Soit nettement plus qu'ailleurs en Europe. Or depuis 2012 pour appliquer une directive européenne sur le bien être des animaux qui il est vrai datait de 1999, les éleveurs ont dû investir pour agrandir les cages, et y installer des nids et des perchoirs. Ce qui leur a coûté un milliard d'euros... Les professionnels se disent prêts à faire des efforts pour développer les élevages en plein air. Mais ils ont besoin de temps disent-ils. Il faudrait que les grandes enseignes passent des contrats pluriannuels avec leurs fournisseurs pour que ceux ci aient le temps de s'adapter. De temps mais aussi d'argent. Ils demandent aux distributeurs de financer en partie cette transition en apportant 100 millions d'euros sur les 500 millions que va leur coûter l'adaptation de leurs élevages.

Dominique Esway