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La moitié des fruits et légumes bio sont importés
La moitié des fruits et légumes bio sont importés © Maxppp - Christian Watier

De nouvelles règles pour les produits bio

Diffusion du mercredi 2 mai 2018 Durée : 2min

Les règles européennes de l'agriculture biologique vont changer à partir de 2021. Avec deux objectifs :renforcer la confiance des consommateurs tout en développant la production bio

C'est un enjeu très important puisque nous sommes de gros consommateurs de bio. Les Français sont même au troisième rang, derrière les Américains et les Allemands. Alors premier changement : on ne pourra plus appeler bio les produits qui sont cultivés hors sol, dans des bacs. Comme les tomates ou les fraises par exemple. Certes elles sont cultivées sans pesticides mais elles ne voient jamais la terre. Leurs racines sont plongées dans un liquide qui contient des éléments nutritifs. Pour le moment, ces produits ont droit à une dérogation alors que le règlement prévoit que la culture au sol est obligatoire. Ce ne sera plus le cas.    

Y compris pour les produits importés ? 

Absolument et c'est l'autre grand changement annoncé. Les produits bio importés devront respecter les mêmes règles. Aujourd'hui 30 % du bio qu'on mange en Europe est importé et la moitié de ces importations viennent de pays extérieurs à l'Union. On les reconnaît à leur étiquette "hors UE". C'est le cas par exemple des fruits exotiques comme les bananes dont le cahier des charges est très en deçà des exigences de leurs concurrentes européennes. Pour le moment ils ont le droit à une équivalence avec les labels bio européens. Elle va être supprimée progressivement sur les cinq ans qui viennent. Cela ne résout pas tous les problèmes. On peut se demander s'il est bien cohérent de chercher des produits bio qui viennent d'Australie, de Nouvelle-Zélande ou d'Amérique du sud.    

Mais si l'on importe c'est qu'il n'y a pas assez de producteurs 

C'est l'autre volet des nouvelles règles. Jusqu'ici les agriculteurs qui voulaient passer en bio devaient entreprendre une démarche individuelle. Et du coup, les frais étaient difficiles à supporter pour de petites exploitations ou de petites productions. A partir de 2021, ils pourront se grouper pour obtenir une certification de groupe. Et donc partager les coûts. Ce qui devrait nettement augmenter la mise sur le marché de produits bio. D'autant qu'ils pourront avoir une partie de leur production en bio et l'autre en agriculture traditionnelle. A condition que les deux soient bien séparées. Et puis ils vont pouvoir vendre leurs propres graines, ce qui était interdit depuis 1981. Ce qui devrait donner un coup de fouet à la biodiversité que les pesticides ont mise à mal. Reste un point qui n'a pas été tranché : la limite pour les résidus de pesticides dans les produits bio. 

Dominique Esway