Replay du jeudi 28 février 2019

De plus en plus de produits pas bio, mais sans pesticides

Les consommateurs font de plus en plus attention à ce qu'ils mangent. Une attitude qui dope les ventes de produits bio et qui suscite de nouvelles initiatives

De plus en plus de produits agricoles sont cultivés sans pesticides pour répondre à la demande des consommateurs
De plus en plus de produits agricoles sont cultivés sans pesticides pour répondre à la demande des consommateurs - Salvéol

A défaut de manger uniquement des produits bio, les consommateurs cherchent au moins à réduire leurs achats de produits issus d'une agriculture qui utilise beaucoup de pesticides. C'est ainsi que trois coopératives agricoles bretonnes lancent un nouveau label qui garantit que leurs produits sont sans pesticides. Pour le moment il s'agit de tomates cultivées par les maraîchers de Prince de Bretagne, de Savéol et de Solarenn. Ces tomates sont cultivées en pleine terre ou sous abri et quelque fois hors sol. C'est à dire que leurs racines trempent dans un liquide nutritif. Pour réduire le besoin de pesticides, Savéol élève des micro-guêpes et des punaises qui détruisent les mouches blanches, les cochenilles et autres nuisibles qui s'attaquent aux tomates.   

Quelle est la différence avec le bio ?  

Il y en a plusieurs. D'abord le fait de cultiver hors sol est interdit dans le cahier des charges de l'agriculture bio. Et puis surtout les cultivateurs s'engagent à  ne pas utiliser de pesticides une fois la fleur sortie. Mais ils peuvent recourir à des produits phytosanitaires avant. Ces maraîchers voudraient créer une troisième voie agricole, entre le conventionnel et le bio. Les trois coopératives qui regroupent 176 producteurs comptent mettre sur le marché cette année 200 000 tonnes de tomates cultivées sans pesticides. Soit un peu moins du quart de ce qui est consommé en France chaque année. L'intérêt pour les consommateurs c'est que ces produits sont moins chers que leurs équivalents bio.     

Mais il y a déjà d'autres labels ...  

On trouve en effet le label Zéro résidu de pesticides qui concerne 25 espèces de fruits et de légumes frais et 52 entreprises qui représentent 10 % de la production française. Là encore il y a un cahier des charges  pour arriver à zéro résidu. En privilégiant la rotation des cultures et le binage mécanique. Selon le président du collectif Nouveaux champs les résultats sont là. Depuis un an, la fréquence de traitement aux pesticides a diminué de moitié par rapport à l'agriculture traditionnelle. Soit nettement plus vite que les objectifs du gouvernement qui veut les diminuer de 25 % d'ici l'an prochain. Les prix sont plus élevés de 25 à 80% selon les produits. D'ici à la fin de l'année, ce collectif espère mettre 20 000 tonnes de fruits et de légumes zéro pesticide sur le marché.

Dominique Esway